Pierné, Vierne, Fauré par Elsa Grether et François Dumont

Pierné, Vierne, Fauré par Elsa Grether et François Dumont

French Resonance - Elsa Grether - François Dumont
French Resonance – Elsa Grether – François Dumont

Je me suis demandé en abordant l’écoute « pourquoi pas la Sonate de Franck en complément de celles de Pierné et Vierne ? ». Pour faire référence à l’actualité, la « filière belge » serait-elle incompatible avec la « française » ? En fait c’est mieux ainsi, les deux petites pièces de Fauré étant mieux adaptées à ce programme si Français dans son élégance, sa poésie tantôt légère (Pierné) tantôt plus marquée (Vierne). (On pourra écouter parallèlement avec intérêt la Sonate de Jean Cras, contemporaine).

Gabriel Pierné (1863-1937) – Sonate pour violon et piano op. 36 (1901)

Quand on évoque Pierné – élève de Franck entre autres, on pense aussitôt au chef d’orchestre ou à « Cydalise et le Chèvre-pied « … Son catalogue est en fait important, notamment pour la scène. Cf Wikipedia. Dédiée à Jacques Thibaud, cette œuvre mériterait de figurer plus souvent en concert avec matière à bis : le 2e mouvement Allegretto tranquillo pourrait être un tube, avec son début façon barcarolle. Si l’ombre du Pater Seraphicus plane parfois (3e mouvement), le caractère cyclique de l’œuvre est traité ici avec heureusement moins d’affirmation. La très belle sonorité, fine, presque fragile parfois, d’Elsa Grether en rend bien l’esprit début de siècle. L’accompagnement à la fois sensible et intelligent de François Dumont donne l’impression qu’il s’agit d’un duo établi depuis des années.

Louis Vierne (1870-1937) – Sonate pour violon et piano op. 23 (1908)

Dédiée à Eugène Ysaÿe,  cette œuvre d’un autre élève de Franck est d’un caractère très différent : plus « carrée », plus affirmée rythmiquement, la partie de piano y est d’ailleurs plus exposée. Cela n’empêche pas de superbes moments de poésie (Andante). Elsa Grether y déploie son discours à la fois légèrement distancié et pourtant si prenant tout du long, si bien soutenu par François Dumont.

Gabriel Fauré (1845-1924)
Romance pour violon et piano op. 28 (1877)
Les berceaux pour violon et piano Op. 23 n°1

Un bien beau « fill-up » ; la Romance passe comme un rêve, la transcription de la première (1879) de trois mélodies sur des poèmes de Sully Prudhomme est plus connue (Grumiaux…), on trouvera ci-dessous l’original chanté par Charles Panzéra.

Superbe disque de par son programme et ses interprètes (avec un livret intéressant et une prise de son adaptée). Bientôt un CD Franck / Cras ?
Sites : Elsa GretherFrançois DumontFuga Libera

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