Journal personnel 2024

Plutôt que de créer un article spécifique à chaque fois, j’utilise cette page pour y publier mes expériences ou opinions.

27 février

Bonheur de retrouver l’Ensemble Court-circuit de Philippe Hurel au CRR de la rue de Madrid. Au programme : 4 créations de Skylar Lim, Matias Fernandez Rosales, Marc Monnet et Bruno Mantovani.
Il volo degli angeli (Lim) est une pièce inspirée par les anges, leur vol notamment, dont on a pu apprécié la beauté des timbres proposée.
Vertiges suspendus (Rosales) est une pièce très prenante, l’orchestre de chambre sonne comme un organisme avec parfois comme des effets de houle.
Jeux étranges  (Monnet) est ludique, avec de longues cadences pianistiques, percussions variées et bois exotiques : on ne s’ennuie pas…
Le Concerto de chambre n°4 (Mantovani) eut un grand succès avec comme fil conducteur le hautbois d’Hélène Devilleneuve, toujours magistrale.
Une très belle soirée avec des merveilleux musiciens dirigés comme à l’accoutumée par l’impliqué et précis Jean Deroyer.
Ci-dessous les photos des saluts des compositeurs (j’étais assez mal placé).

8 février

2e concert de l’OdP avec Salonen. Après une orchestration assez kitch d’une Fantaisie et fugue de Bach par Elgar, on proposait ses Sea pictures en première partie. Nina Stemme, empêchée, était remplacée par Dame Sarah Connolly. Je n’étais pas mal placé au premier rang du premier balcon, mais je ne pouvais même pas suivre avec le texte tellement on ne l’entendait guère… la faute à l’acoustique pour une fois perfectible de la Philharmonie. 
En 2e partie, après un Ragtime un peu potache d’Hindemith, sa Symphonie « Mathis le peintre ».  Il me semble avoir lu il y a longtemps que l’enregistrement des Métamorphoses symphoniques de Salonen reprenait à la seconde près les tempi du fameux enregistrement dans les années 50 de Kubelík à Chicago. [Ce dernier, interrogé par DG dans le cadre d’une opération marketing « les artistes DG élisent leur disque préféré d’un autre artiste DG », fur bien embêté pour répondre : il n’écoutait pas de disque et cita juste Zukerman qu’il venait de diriger]. Les musiciens ont bien sûr maintenant accès à de très nombreuses interprétations du passé, mais ils doivent bien sûr toujours étudier et assimiler les partitions. C’était le cas hier soir, ce fut dirigé avec une totale maîtrise et l’orchestre était magnifique – un must qui me fait ma semaine…

6 février

C’est toujours un mystère : comment des pianistes disposant d’une technique hors norme n’arrivent pas à produire une minute de musique.  Ce fut le cas récemment – on est souvent subjugué par certaine pièce de Liszt et que l’on se trouve comme devant un film de Tex Avery.  J’en connais d’autres dans le même cas, quittant à l’entracte après des applaudissements très nourris devant tant d’abattage… vain.

1er février

Je vais rarement à la Philharmonie ; celle-ci n’invite pas les blogueurs, même pour les générales et même pour les concerts de l’EIC : il doit y avoir pléthore de journaleux traitant de la musique contemporaine… Heureusement ma chère moitié m’offre pour Noël quelques billets à des concerts de son choix. Hier l’OdP était dirigé par Esa-Pekka Salonen. En première partie, une curieuse idée : intercaler des Préludes de Debussy entre les mouvements des Images : on a du mal à voir le lien entre celles-ci et la Cathédrale engloutie ou la Sérénade interrompue, un peu plus avec la Puerta del vino. Jean-Yves Thobaudet y était impeccable – il faisait bien sûr partie des pianistes qui m’avaient intéressé dans ma comparaison de 160 cathédrales. Grosse déception pour les Images : c’était techniquement parfait mais on aurait aimé des couleurs, du caractère, des rythmes et des accents plus marqués et moins de tunnels (le problème c’est que l’on a toujours dans l’oreille Monteux, Stoko ou Tilson).
Suivait par contre une très belle Fantaisie de Debussy où cette fois on avait des couleurs, un flux musical continu – grand succès pour Thibaudet.
Enfin les Noces de Stravinsky – avant le concert, je m’étonnais qu’on n’annonce pas les noms des quatre pianistes :  c’est qu’il n’y en avait pas : encore une idée curieuse d’EPS de faire appel à un compositeur (Steven Stucky) pour réaliser une transcription pour orchestre seul. On y perd la sécheresse inhérente à la version originale (je viens de recevoir une bande d’un concert de Kubelík à Munich en 1962 avec notamment les Kontarsky : c’était bien sûr une toute autre image musicale et on manquait hier la magie de la toute fin. J’avais assisté il y a longtemps à une répétition par Boulez de ces Noces avec il me semble bien ce même chœur de l’Orchestre de Paris ; à un moment Boulez demande : « la 3ème au 2e rang : dehors ! ».
Prestation remarquable de ce chœur hier, notamment côté féminin (problème de tous les chœurs : « on cherche des basses » !). Solistes corrects mais le chœur donc, l’orchestre et la direction était magnifiques. Un dessin animé (Hillary Eben) était projeté sur grand écran : une noce de mille-pattes et d’insectes dans des tuyauteries de salle de bains, avec parfois les paroles figurant sur un rouleau de pq… C’était pourtant aussi fun que réussi et adapté.

 

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