Debussy – La cathédrale engloutie

Escher, La Cathédrale engloutie, 1924

C’est à la faveur du centenaire de la mort Debussy et de la sortie du CD de Daniel Barenboim si décrié par certains et parce que c’est une des mes pièces préférées que je me suis lancé dans cette discographie un peu folle (pire que celle du Sacre ou de la Berceuse). Cette fois près de 160 versions à comparer…

On trouvera ici (en) une analyse de la pièce et ici une analyse harmonique (j’ai demandé à des pianistes professionnels s’ils s’intéressaient à ces analyses harmoniques : que l’on passe par exemple du lydien au mixolydien, réponse : non…). Remarque préliminaire : l’ambitus dynamique va de pp à ff et il n’y a pas d’indication de tempo -ni de pédale – pour cette pièce de 89 mesures : les versions auxquelles j’ai accès durent ainsi de 4’30” à presque 9’… la moyenne étant de 6’17” :

Cette pièce symboliste ne nécessite pas une grande virtuosité au sens de la vitesse d’exécution, mais une hauteur de vue, une construction et un contrôle absolu des sonorités (et du rythme). 
Voilà la liste des interprètes (beaucoup de célèbres, beaucoup de Français, au premier rang desquels Debussy lui-même façon rouleau  et… bien peu d’austro-allemands : pas de Fischer, Kempff, Brendel…) : 

Pierre-Laurent  Aimard
Alessandra  Ammara
Jean-François  Antonioli
Jean-Pierre  Armengaud
Arta  Arnicane
Claudio  Arrau
Håkon  Austbø
Gina  Bachauer
Sandro  Baldi
Laszlo  Baranyay
Jean-Joël  Barbier
Daniel  Barenboim
Jean-Efflam  Bavouzet
Enrico  Belli
Arturo  Benedetti Michelangeli
Vanessa  Benelli Mosell
Boris  Berman
Michel  Beroff
Philippe  Bianconi
Jorge  Bolet
Eliso  Bolkvadze
Angela  Brownridge
Bruno  Canino
Maria-Luisa  Cantos
Robert  Casadesus
Jean  Casadesus
Graham  Caskie
Robert  Cassidy
François  Chaplin
Dino  Ciani
Aldo  Ciccolini
Harriet  Cohen
Jean-Pierre  Collot
Claudio  Colombo
Claudio Constantini
George  Copeland
Alfred  Cortot
Paul  Crossley
Alberto  Cruzprieto
Michel  Dalberto
Stany  David Lasry
Claude  Debussy
Larissa  Dedova
Jörg  Demus
Christopher Devine
Youri  Egorov
Pal  Eide
Daniel  Ericourt
Christian  Erny
Henriette  Faure
Jorge  Federico Osorio
Albert  Ferber
Gordon  Fergus-Thompson
Jacques  Février
Yakov  Flier
Samson  François
Peter  Frankl
Nelson  Freire
Kotaro  Fukuma
Solveig  Funseth
Reine  Gianoli
Walter  Gieseking
Duncan  Gifford
Masaé  Gimbayashi-Barbotte
Elaine  Greenfield
Hélène  Grimaud
Friedrich  Gulda
Monique  Haas
Werner  Haas
Mario Häring
Hans  Henkemans
Myrra  Hess
Ilja  Hurnik
Cyril  Huvé
Ivan  Ilic
Paul  Jacobs
Martin  Jones
Paavali  Jumppanen
Jean-Rodolphe  Kars
Catherine  Kautsky
Francine  Kay
Edward  Kilenyi
Zoltan  Kocsis
Nikolaj  Koppel
Michael  Korstick
Noël  Lee
Yvonne  Lefébure
Bennett  Lerner
Michaël  Levinas
Daniel  Levy
Michael  Lewin
Hans  Leygraf
Stefan  Litwin
Ji  Liu
Robert  Lopez
Alexei  Lubimov
Terry  Lynn Hudson
Antonio  Macan
Witold  Małcużyński
Gilead  Mishory
Ivan  Moravec
Yukie  Nagai
Sylvie  Nicephor
Noriko  Ogawa
Ronan  O’Hora
Gerhard  Oppitz
Mícéal  O’Rourke
Josef  Páleníček
Hans  Palsson
Théodore  Paraskivesco
Laurens  Patzlaff
Alain  Planès
Maurizio  Pollini
Jean-Bernard  Pommier
Menahem  Pressler
Sviatoslav  Richter
Pascal  Rogé
Antonio  Rosado
Carol  Rosenberger
Jacques  Rouvier
Arthur  Rubinstein
Gloria  Saarinen
Jacopo  Salvatori
Hiroko  Sasaki
Arnold  Schalker
Sergey  Schepkin
Peter  Schmalfuss
Ruth  Schmid-Gagnebin
Craig  Sheppard
Martin  Souter
Thomas  Stumpf
Gabriel  Tacchino
Ito  Takayuki
Amir  Tebenikhin
Marco  Tezza
Jean-Yves  Thibaudet
François-Joël  Thiollier
Martino  Tirimo
Keiko  Toyama
Fou  Ts’ong
Giovanni  Umberto Battel
Jos  Van Immerseel
Irene  Veneziano
Tamás Vesmás
Marita  Viitasalo
Andrew  von Oeyen
Gilles  Vonsattel
Richard  Wassmuth
André  Watts
Ruben  Yessayan
Chengzong  Yin
Krystian  Zimerman

L’idée n’est pas d’atteindre le nirvana du côté d’Ys, mais de proposer les versions les plus riches à mes oreilles et d’essayer de faire ressortir les caractéristiques du jeu de leurs interprètes. Les notes ne sont mises qu’à des fins de repérage. Elles vont de 1 (moi au piano) à peut-être 10. J’ai laissé de côté les multiples transcriptions, dont celle fameuse de Stokowski à l’orchestre.
L’aspect assez exhaustif de cette comparaison peut prêter à sourire, mais il permettra de déceler des noms de pianistes peu connus. Si certains grands noms ont été rejetés, cela ne veut pas dire qu’il en aurait été de même pour d’autres Préludes, et inversement.

Claude Debussy (1862-1918) – 1913

Il n’existe qu’un enregistrement de Debussy au piano accompagnant la créatrice de Mélisande, Mary Garden, dans quelques-unes de ses mélodies, mais il enregistra en 1913 quelques pièces pour le système de rouleaux Welte Mignon (cf.). La pochette indique 5’57, le fichier Qobuz 5’40″… Le problème c’est que c’est bien difficile de se faire une idée : certains accords sonnent trop fort, d’autres présentent des notes inégales, mais dans l’ensemble on ne note aucune excentricité par rapport à la partition, simplement ça sonne bien artificiel.

Walter Gieseking (1895-1956)

D’après ce site, Gieseking l’aurait enregistré 3 fois en studio : en 1936, 1951 et dans le cadre de sa fameuse intégrale (cf. le nombre de pochettes) de 1953. Au moins trois enregistrements radio existent, de 1947, 1950 et 1953. En 1947 : 5’59, 1950 : 5’56, 1953 : 6’34.
En 1947, en public, sonorités feutrées, toucher liquide, recherche d’une sonorité homogène, aigus un peu cinglants, de belles choses, mais ne convainc pas vraiment notamment – ralentissement du début et de la fin. 7
En 1950, le son est meilleur, mêmes remarques que précédemment sans la lenteur exagérée des extrêmes. 7,5
1953 : J’ai pris le dernier remastering chez Warner, sonorités un peu sourdes ou veloutées, mais le tout a plus de carrure, et le rappel du 1er thème en écho est très réussi. 8

Samson François (1924-1970) – 1962 – 6’44

Du grand son et des sonorités biens différenciées – les accords façon vitrail de la toute fin ! -, le premier thème hiératique à souhait, les rythmes sont tenus, les indications dynamiques respectées à la lettre : “cela fonctionne” ! 8,5
Apparemment lpas de live dans cette œuvre, mais je ne résiste pas à mettre l’Isle joyeuse (cf.).

Carol Rosenberger (1933*) – 1983 – 6’53

Sonorités plus quelconques Augmenter progressivement (sans presser) : elle presse, manque de contrastes, sans grand intérêt. 6,5

Jean-Efflam Bavouzet (1962*) – 2012 – 6’08

Enregistrement un peu voilé, on est bien dans la brume. Le premier thème (28) n’est pas vraiment ff, rythmes parfois un peu inégaux, par contre le 2e thème est effectivement un peu moins lent. La reprise du 1er thème est bien pp, mais ça marche moins bien qu’avec François. Une belle version. 7,5

Daniel Barenboim (1942*) – 1998 – 7’00

Je me demandais si je ne m’étais pas emballé lors de la sortie de cet album, surtout vues les réactions de nos chers critiques, et bien non ! En plus de nous raconter une histoire façon François, on “baigne” dans une atmosphère symboliste et mystérieuse. Certains pourront ergoter sur sa façon de faire sonner certains accords, mais c’est magnifique et prenant. 8,5

Krystian Zimerman (1956*) – 1994 – 7’27

Que de beaux accords et de belles sonorités au début, puis ça se gâte à partir de la mesure 19 où c’est marqué p et il monte jusqu’à au moins ff – dur de respecter alors en 25 più f ! Impressionnant, mais finalement un peu démonstratif. 6,5

Gina Bachauer (1913-1976) – 1965 – 5’43

Une des rares élèves de Cortot et de Rachmaninov. Exactement les mêmes défauts, avec un moins beau piano. 6

Zoltán Kocsis (1952-2016) – 1998 – 6’19

Le premier thème n’est pas vraiment sans dureté. A part une belle fin, le reste est un neutre, même si les accords sont – sauf un ou deux – superbes. 7,5

Jean-François Antonioli (1959*) – 2013 – 7’08

Indications très bien respectées, belle sonorité (jeu de pédale). 8

Angela Brownridge (19??*) – 2017 – 5’31

Pour une fois c’est bien rapide et sans grande nécessité. 6

Arturo Benedetti Michelangeli (1920-1995) – 1978 – 6’52

Le problème est que ça clinque et que tout le début sonne mezzo-forte. Une déception, même si la fin est très belle. 7,5

Nelson Freire (1944*) – 2009 – 7’03

Beaucoup d’intériorité, superbes accords, belle construction. 8

Jacopo Salvatori (1986*) – 2017 – 6’44

Sonorités un peu neutres, manque de couleurs. Le sff à 28 pas suivi – c’est un peu quelconque. 6,5

Maurizio Pollini (1942*) – 1999 – 6’09

Tout respecter et ça fonctionne.  Des basses un peu plus profondes, c’était la perfection. 9

Yukie Nagai (19??*) – 1987 – 8’56

La version la plus lente. Ça fonctionne bien jusqu’au premier thème, piano parfois mal sonnant, mais une version attachante et sensible. 7,5

Jean-Rodolphe Kars (1947*) – 1971 – 8’05

On sait que ce pianiste est devenu prêtre. Le piano sonne curieusement, assez nimbé, c’est lent et ne soutient plus l’intérêt à partir du premier thème. 7

Keiko Toyama (19??*) – 2017 – 5’53

Impossible de trouver un quelconque élément de biographie sur cette pianiste qui a quelques enregistrements à son actif.  Lecture monochrome sur un piano assez laid. 6,5

Sandro Baldi (19??*) – 2015 – 6’07

Sonorités quelconques, voire désagréables. 6

Pascal Gallet (1968*) – 2015 – 8’46

Le minutage comprend une présentation. Très belles sonorités, lecture prenante. 8

Daniel Ericourt (1903-1998) – 1960 – 6’09

Ce pianiste français a enregistré l’œuvre pour piano de Debussy en 1960 à New York. N’ai pu en entendre qu’un extrait, enregistrement lointain.

Robert Casadesus (1899-1972) – 1956 – 5’18

Tempo rapide, ça sonne mal, une fausse note, c’est très extérieur. 6

Chengzong Yin (1941*) – 1999 – 6’20

Pourquoi tant ralentir à 7 ? Le sans presser l’est, pressé. Belles sonorités néanmoins. 7,5

Míceál O’Rourke (19??*) – 2011 – 6’38

Quelques effets, le thème est à peine f au lieu de ff, Peu de relief. 7

Monique Haas (1909-1987) – 1963 – 6’38

Grand respect du texte. Piano pas très bien accordé, mais une superbe musicalité. 8

Marco Tezza (1964*) – 2015 – 7’04

Le début se veut plus purée de pois que brouillard, indications peu respectées, effets de toutes sortes… 5

Vanessa Benelli Mosell (1987*) – 2017 – 6’11

Rien à dire en bien ou en mal, toucher un peu dur, indiffère. 6,5

Jorge Bolet (1914-1990) – 1989 – 6’27

Version sans défaut mais assez extérieure. 7

Marita Viitasalo-Pohjola (1948*) – 1988 – 5’54

Une belle lecture, qui manque juste d’un peu de caractère. 7,5

Elaine Greenfield (19??*) – 2004 – 6’11

L’enregistrement sonne un peu piano-bar (on reste dans le liquide…), quelques micro-nuances, mais c’est assez fidèle et poétique. 7,5

Sergey Schepkin (1962*) – 2003 – 5’33

C’est plutôt ppp au début, mais très belle introduction, le 1er thème est joué un peu dur, mais encore une belle version. 7,5

Jacques Rouvier (1947*) – 2009 – 5’57

Professeur de tant de pianistes, on ose à peine commenter…  Mais quel bonheur de voir les indications réalisées comme on l’attend (comme marquer les soupirs à la fin des mesures 42 à 45). 8 

Jean Casadesus (1927-1972) – 1960 – 6’17”

Ralentit à 8-12, tape fort avant le 1er thème comme Zimerman, en fait toutes les versions qui veulent faire de l’effet me semblent passer à côté de l’œuvre… Du beau piano tout de même. 7

Philippe Bianconi (1960*) – 2012 – 6’00

Piano un peu ouaté, très musical. 7,5

Claudio Arrau (1903-1991) – 1980 – 6’43

Comme on s’y attendait, les accords du 1er thème sonnent ! C’est nimbé, timbré, très poétique. 8

Paavali Jumppanen (1974) – 2018 – 7’17

Belles sonorités, ralentit à 40, puis à 54, c’est dommage. 7,5

Alain Planes (1948*) – 1999 – 6’11

Sonorités un peu dures et ternes. 7

Boris Berman (1948*) – 2016 – 5’40

De l’allant, sonorités un peu quelconques, indications pas toujours suivies à la lettre mais de belles ambiances. 7,5

Pierre-Laurent Aimard (1957*) – 2012 – 5’34

Belle délicatesse de toucher, les accords du thème 1 font très vitrail, son retour à la fin est bien “comme un écho”. 8

Dino Ciani (1941-1974) – 1973 – 6’58

Comme William Kapell, ou Egorov et C. Collard pour les Français, les pianistes tôt disparus ont une grande aura. C’est très beau, accords un peu durs, mais beaucoup d’atmosphère. 8

Alexei Lubimov (1944*) – 2012 – 6’08”

Le début est plutôt en pleine lumière, certains accords sonnent curieusement, presque arpégés. Paraît manquer de conception. 6,5

Paul Jacobs (1930-1983) – 1975 – 6’12”

Belle lecture, manquant un peu de relief. 7,5

Michel Beroff (1950) – 2009 – 6’44”

Une autre belle version, mais qui lasse un peu en cours d’audition. 7,5


Enrico Belli (19??*) – 2007 – 6’55

Disque couplé avec du George Crumb. Pourquoi jouer comme beaucoup le dernier accord de 5 avec un léger temps d’arrêt et comme si c’était marqué ‘appuyer’ ? 

À 25 pourquoi faire piu p ce qui est noté piu f ? Cela m’a paru assez décousu, avec effets. 6

Francine Kay (19??*) – 1998 – 8’03

C’est lent… ça paraît même de plus en plus lent et s’alanguissant. 6

Jacques Février (1900-1979) – 1961 – 6’25

Il n’est pas certain d’entendre les dynamiques d’origine. Suneon assez déplaisant et on n’est guère pris. 7

Jos Van Immerseel (1945) – 2007 – 6’10

Écouté seulement 2′ paraît bien plus rapide qu’indiqué.

Tamás Vesmás (19??*) – 1999 – 6’06

Encore une version correcte, manquant un peu d’imagination sonore.  7

Terry Lynn Hudson (19??*) – 2017 – 6’41

C’est correct mais encore un manque d’imagination. 6,5

László Baranyay (1946*) – 2000 – 6’14

Beau respect du texte, mais on n’est pas ébloui par l’arrivée de la cathédrale. 7,5

Gilead Mishory (1960*) – 2014 – 6’25

On s’ennuie ferme. 6,5

Bruno Canino (1935*) – 2012 – 6’07

C’est superbe de respect de la partition, de sonorités et… de chant. 8

Edward Kilenyi (1910-2000) – 1956 – 4’57

Gros bruit de fond et dynamique restreinte, il accélère, tape… 5

Alice Testrup (19??*) – 2014 – 5’04

Cela fait un peu pianiste amateur avec pas mal de fausses notes, de plus en plus d’ailleurs. 3

Catherine Kautsky (19??*) – 2014 – 6’07

Début brumeux au mauvais sens du terme, rien de bien remarquable ensuite. 6,5

Friedrich Gulda (1930-2000) – 1978 – 6’05

On adore Clair de lune par Gulda et on n’est pas déçu, pris du début à la fin, même si le son n’est pas très propre et réverbéré. 8

Michel Dalberto (1955*) – 1998 – 6’54

J’avais adoré son précédent CD Debussy.  Le piano – ou l’enregistrement – manque d’aigus. C’est beau, mais un peu extérieur. 7,5

Claudio Constantini (1983*) – 2018 – 6’16

Belle version, sonorités, respect du texte, un tout petit neutre dans l’expression. 8-

Ilja Hurnik (1922-2013) – 2000 – 6’51

Ni beau ni passionnant. 6,5

Fou Ts’ong (1934*) – 2002 – 6’44

Le son paraît s’effacer parfois, lecture un peu précieuse ; de belles couleurs, mais ça sonne un peu miniature. 7

Sylvie Nicephor (19??*) – 2018 – 6’44

Ça sonne très pentatonique, sonorité ronde, le premier thème tombe un peu à plat ; c’est assez neutre. 6

Claudio Colombo (19??*) – 2018? – 6’31

Un stakhanoviste du piano qui publie ses enregistrements à compte d’auteur. Ralentit à 8, beau son, reprise du thème un peu en avant. 7

Hans Leygraf (1920-2011) – 2010 – 5’53

Sonorités quelconques, un peu poussif. 7

Martino Tirimo (1942*) – 2013 – 5’58

Mauvais son le sans presser est à toute vitesse, beaucoup d’exagérations. 5

Arthur Rubinstein (1887-1982) – 1953 – 5’52

Une curiosité. Que de libertés prises avec le texte et surtout le rythme, technique pas toujours très propre, le piano zingue un peu, c’est pourtant bien prenant, une vraie vision. 7,5+

Ruth Schmid-Gagnebin (19??*) – 2003 – 5’18

Son ouaté, beaucoup de basses, un festival de pédale… co6

Craig Sheppard (1947*) – 2012 – 6’11

Que de mauvais enregistrements de piano… Là, c’est très lointain, toucher dur. 6

Michel Beroff (1950) – 2015 – ??

Son un peu noyé, belle version, fidèle. 7,5

Michael Lewin (19??*) – 2015 – 6’05

Belle version, fidèle également, avec plus d’atmosphère. 7,5+

Henriette Faure (1904-1985) – 1961 – 7’05

Pianisme un peu pataud et dur, en plus c’est bien lent. 6

Reine Gianoli  (1915-1979) – 1957 – 5’59

Son assez mauvais, tout sonne un peu épais. 6,5

Mario Häring (1989*) – 2018 – 5’34

Superbe son. Très vivant, il fait bien un peu moins lent à 47, mais malheureusement pas au mouvt à 71, et ça nuit. 7,5

Noël Lee (1924-2013) – 1984 – 5’46

Début rapide, balance tirant vers l’aigu, de belles choses mais on n’est pas très pris. 7

Antonio Rosado (19??*) – 2016 – 5’13

C’est vraiment trop rapide, ça sonne assez mal. 6

Hiroko Sasaki (19??*) – 2014 – 5’07

Aussi très rapide, un peu bousculé, une lecture “énervée”… 6

Ivan Ilic (1978*) – 2008 – 5’23

On reste dans le rapide., ce doit être pour ne pas manquer la marée… l’enregistrement n’est pas très réussi, mais c’est bien joué. 7

Ruben Yessayan (1978*) – 2012 – 7’03

Début quelconque, mais on est subitement intéressé à 7.  On entend bien la basse à 16, ce qui est plutôt rare, même belle ligne de basse à partir de 47, belle version. 7,5+

Stany David Lasry (19??*) – 1997 – 5’13

Piano un peu émacié, tout en demi-teintes. C’est joli mais statique. 7

Jean-Joël Barbier (1920-1994) – 1974 – 5’30

Intro bien pp superbe, pourquoi le thème n’est pas ff par contre ? Très belle fin aussi, version très prenante. 8

Arta Arnicane (1982*) – 2017 – 6’18

Toujours ce petit temps avant la fin du 5 le più f de 25 pas respecté, du beau piano,  7,5

Håkon Austbø (1948*) 2005 – 5’16

C’est un peu rapide, le plus pp et le plus ‘pentatonique’. Sonne un peu comme une ancienne balade qui nous serait contée. 8

Eliso Bolkvadze (1967*) – 2014 – 6’23

En fait introuvable sur Qobuz malgré son annonce…

Maria-Luisa Cantos (1944*) – 1999 – 6’21

Mi bien mis en valeur de 5 à 12, aigus un peu pénibles, honnête. 7

Graham  Caskie (19??*) – 2007? – 7’00

Écouté au casque sur Spotify, c’est assez lent, mais de superbes sonorités ; les accords du thème sont tels que j’aimerais pouvoir les faire sonner, une reprise du thème plus pp et c’était parfait. 8

Robert Cassidy (19??*) – 2012 – 6’34

Son un peu voilé, les accords ne sonnent pas merveilleusement bien et on s’ennuie vite. 6,5

François Chaplin (19??*) – 2007 – 6’57

Rien à dire sur l’exécution sauf que l’on se barbe un peu. 7

Youri Egorov (1954-1988) – 1984 – 6’44

Des fluctuations de tempo, le 47 est bien lent. Belle fin. 7,5

Aldo Ciccolini (1925-2015) – 1991 – 6’38

Bien lent à 5, belle ligne de main gauche à partir de 17 sans en faire des tonnes comme beaucoup, thème un peu haché, haut medium curieux, fin un peu quelconque. 7,5 

Harriet Cohen (1895-1967) – 1948 – 4’58

Toujours difficile d’apprécier cette œuvre bsi ‘sonore’ au travers d’enregistrements anciens. Disons que c’est rapide…

Jean-Pierre Collot (19??*) – 2016 – 6’04

Un disque mêlant de œuvres de Debussy et de Salvatore Sciarrino. Début très ‘eaux profondes’, mais on a l’impression un peu d’y rester ensuite, sans doute à cause de l’équilibre général qui tend nettement vers les graves. 7 (me fait penser à une réunion de théosophes autour d’un guéridon…).

Myra Hess (1890-1965) – 19?? – 7’15

Ça a de l’allure dans ce tempo pourtant lent, des accords curieusement arpégés façon dentelle de Calais, thème pas très bien sonnant, piano un peu faux dans le grave. 6,5

Paul Crossley (1944*) – 1993 – 6’03

Le “spécialiste anglais de la musique pour piano française”.  Début très concentré très pp. Respect des indications, très beau toucher, c’est élégant, éloquent, une sonorité chaude. 8

Alberto Cruzprieto (19??*) – 1999 – 6’39

Pianiste cubain, impossible de trouver un élément de biographie. Encore un tonitruant à partir de 19. Du beau piano, une certaine allure, mais pas passionnant. 7

Larissa Dedova (19??*) – 2010 – 7’01

Limité à 2′.

Jörg Demus (1928*) – 1962 – 6’27

Son mat et réverbéré, un do grave fracassant dans le 1er thème. C’est assez lourd. 7

Christopher Devine (19??*) – 2018 – 5’59

Beau début, thème 1 un peu décevant, beaucoup de goût, mais un peu fade. 7

Pål Eide (19??*) – 2014 – 5’14

L’album est titré “Grey clouds”, il pleuvait à l’apparition de la cathédrale ? Fluctuations de tempo au début mais le thème est superbement amené. 7,5+

Christian Erny (1988*) – 2016 – 6’06

C’est quasiment parfait et l’on est pris du début jusqu’à la fin. 8,5

Jorge Federico Osorio (1951*) – 2010 – 6’23”

Ralentit à 7, pas de più f à 25, beaux accords, belle version. 7,5

Albert Ferber (1911-1987) – 1958 – 6’29”

La réédition de ces enregistrements avait fait sensation il y a quelques années. Malgré l’ancienneté de l’enregistrement, il y a comme une qualité de silence. 8

Gordon Fergus-Thompson (1952*) – 1990 – 6’25

Thème accéléré, 2e thème pas très expressif. 7

Yakov Flier (1912-1977) – 19?? – 5’30

Accords 17 & 18 pas marqués, le tout laisse assez indifférent, avec en plus quelques fausses notes. 7

Peter Schmalfuss (1937-2008) – 1988 – 6’05

Le pianiste roi des labels inconnus et peu chers, sauf ici chez Denon.  Ralentit à 7, puis à 23, c’est très statique. 7

Peter Frankl (1935*) – 1963 – 7’09

Un professeur qui avait beaucoup marqué Suzana Bartal. C’est lent, beau 2e thème, c’est très bien, un peu distant. 7,5

Kotaro Fukuma (1982*) – 2012 – 6’00

Très beau début, le 1er thème tape un peu. Pas de ff à 61, reprise du thème un peu quelconque, mais très beau piano. 7,5

Solveig Funseth (19??*) – 2000 – 6’30

Tout est un peu fort et marqué. 6,5

Duncan Gifford (1972*) – 2016 – 6’33

Encore un qui ralentit à 7. Le tout est un pu fade. 7

Masaé  Gimbayashi-Barbotte (19??*) – 2017 – 5’03

Piano pris de près, mais très beau son avec quelques duretés. Dommage que ce soit un peu rapide à mon goût et la fin n’est pas pp. 7,5+ 

Hélène Grimaud (1969*) – 2016 – 6’03

 
Prise de son type salle de bains. À parti de 16 on entend presque plus la ligne de basse que la ligne supérieure, le piano zingue un peu. Pourquoi arpéger légèrement les accords à 63 ? 7,5

Werner Haas (1931-1976) – 1963 – 6’46

Ralentit à 7, son ouaté, basses lourdes, thème pesant. 7

Hans Henkemans (1913-1995) – 1951 – 5’43

Timbre bien les accords, enfin un qui respecte les soupirs de 42 à 45. Son précaire. 7,5+

Cyril Huvé (1954*) – 2017 – 7’05

Enregistré sur un piano de conception nouvelle – de 102 touches au lieu de 88 généralement – de Stephen Paulello.  Beau son, mais c’est un peu linéaire.

Martin Jones (1940*) – 1996 – 6’03

Prise de son lointaine, Accélère à 18. Pas passionnant. 7

Nikolaj Koppel (1969*) – 2000 – 7’09

Pas disponible.

Michael Korstick (1955*) – 2012 – 5’36

A enregistré l’intégrale pour piano. Encore une bonne version sans magie particulière. 7

Yvonne Lefébure (1898-1986) – 19?? – 5’10

Une légère tendance à arpéger, tape parfois un peu mais on entend enfin un discours depuis tan de version inhabitées. Manque un peu de mystère à la fin. 7,5+

Bennett Lerner (19??*) – 2011 – 4’39

Encore un intégraliste. On court la poste. Un peu hors sujet. 6

Michaël Levinas (1949*) – 2000 – 6’36

Belle ambiance 7-12.  Belle animation avant le thème, bien sonnant. Diminue peut-être pas assez à 62-63. Très beau. 8

Daniel Levy (1961*) – 2015 – 7’03

Des bruits de portes…  Les aigus son à gauche, mais grand son, thème assez majestueux. Le un peu moins lent est plus lent. Dommage que la reprise du thème ne soit pas asse pp. 7,5+

Stefan Litwin (1960*) – 2010 – 6’53

Couplé avec du Michael Gielen. Encore un qui ralentit à 7; ça ne marche quasiment jamais. Très belle progression 16-21, très belle version. 8

Ji Liu (1990*) – 2018 – 6’49

“Fire & Water”, la pochette vaut son pesant de cacahuètes. Beau début, le thème déçoit un peu malgré l’ampleur sonore. 7,5

Robert Lopez (??) – 1959 – 5’40

Accélère dans l’introduction à 14, ensuite un peu confus. Sonorité un peu pénible. 6

Antonio Macan (1988*) – 2017 – 4’36

Beau piano, accords 17 & 18 pas marqués. Tout cela est trop rapide. 6

Witold Małcużyński (1914-1977) – 1956 – 5’34

Son un peu distordu, repiquage d’un 33t. De l’élégance, 7,5

Ivan Moravec (1930-2015) – 1967 – 6’27

Introduction plus que pp. Dommage qu’il accélère à 19. La suite est un peu neutre. 7

Noriko Ogawa (1962*) – 2012 – 6’23

Son bien lointain, mais rien à redire. 7,5+

Jeffrey Biegel (1962*) – ?? – 6’36

Rien à dire non plus, une belle version. 7,5

Ronan O’Hora (1964*) – 2005 – 7’11

C’est lent, ralentit à 6 qui plus est. Son voilé, thème 1 dur. 6

Gerhard Oppitz (1953*) – 1994 – 7’18

Pas de changement de climat à 16, tout est un peu dur. 7

Josef  Páleníček (1914-1991) – 1981? – 5’19

Belle intro du thème, qui est, lui, un peu quelconque. Beaux timbres, mais un peu extérieur. 7

Hans Palsson (1949*) – 1999 – 6’09

Sonorités et toucher quelconques, pas très habité. 6,5

Théodore Paraskivesco (1940*) – 1976 – 5’26

Un de mes premiers LP. Son cotonneux, un peu fade. 6,5

Laurens Patzlaff (19??*) – 2012 – 7’26

‘Reflexion on Debussy’… Belles couleurs dans l’introduction, une lecture toute en intériorité, un peu trop et un peu lente. 7,5

Jean-Bernard Pommier (1944*) – 1990 – 5’29

Décidé, rapide, un qui fait les soupirs à 42-45. Retour du thème un peu trop clair. 7,5

Menahem Pressler (1923*) – 2018 – 7’28

‘Clair de lune’ – sans doute un des derniers enregistrements de ce grand chambriste et pianiste. De la profondeur, c’est évidemment un peu lent, notamment à partir de 7. Des inégalités – voulues ? – de toucher à 14-15. Beaucoup d’atmosphère. 7,5

Sviatoslav Richter (1915-1997) – 1961 – 7’55

 
Je suppose qu’il existe d’autres témoignages de Richter dans cette œuvre. On est en public. Son précaire. Quelques notes à côté, pas de cavalcade avant le 1er thème, très hiératique. Un document. 7,5

Pascal Rogé (1951*) – 1981 – 6’21

Thème un peu quelconque, toucher un peu uniforme. 7

Gloria Saarinen (1934*) – 2017 – 6’43

Où est la note répétée début 10 ? Toucher médiocre. 6

Arnold Schalker (1937?) – 2017 – 6’44

‘Music for Piano Inspired by Bells’…  Écrase la pédale de frein à 7, puis sur le champignon à partir de 17. 5,5

Martin Souter (19??*) – 2002 – 7’26

Disque ‘Monet’. Assez insipide. 5

Thomas Stumpf (1950*) – 2017 – 6’15

‘Reflections on Time and Mortality’ : ça jette ! 
Honnête. 6,5

Gabriel Tacchino (1934*) – 1992 – 7’25

Belle sonorité, belle montée avant le thème aux accords bien sonnants. 7,5

Ito Takayuki (19??*) – 2008 – 6’24

Intégraliste. Inégalités de toucher. Guère passionnant. 6,5

Amir Tebenikhin (1977*) – 2012 – 6’49

Encore une version honnête. 7

Jean-Yves Thibaudet (1961*) – 1996 – 6’54

Un sens de la pulsation, superbe toucher, contrôle des sonorités, respect des indications ; reprise du thème un peu lente. 8

François-Joël Thiollier (1943*) -2004 – 5’53

Trop de ligne de basse à partir de 16, beaucoup de basses en générale d’ailleurs, quelques duretés. Impressionnant néanmoins. 7,5

Irene Veneziano (1985*) – 2017 – 7’01

Album intitulé ‘Jeux d’eau’. Belle version. 7

Andrew von Oeyen (1979*) – 2013 – 6’09

Début pas vraiment pp mais belle animation. Beau toucher. Très beau rappel du thème. 8

Gilles Vonsattel (19??*) – 2013 – 5’44

Un qui accélère à 7.  Et court la poste à partir de 22. Thème rapide et un peu boulé. Très extérieur malgré les qualités. 7

Richard Wassmuth (19??*) – 2015 – 5’21

Son glauque. Fait la faute habituelle à la fin de 5. Accélère à 16. Un peu pénible. 5,5

André Watts (1946*) – 1964 – 6’36

Minaude un peu vers 8-9. Débuts 17 & 18 pas marqués. Manque d’influx, décevant. 6

Chengzong Yin (1941*) – 1999 – 6’20

Ralentit à 7, sinon tout est très bien, aigus un peu durs. 7,5+


C’est fini ! Révélation principale : Christian Erny. Mes préférées, mais il y a en a de nombreuses autres excellentes :

Un quatuor en tête : Maurizio Pollini, Samson François, Daniel Barenboim et Christian Erny,
suivi d’excellentes versions, avec quelques surprises en gras :
Pierre-Laurent Aimard, Jean-François Antonioli, Claudio Arrau, Håkon Austbø, Jean-Joël Barbier, Bruno CaninoGraham Caskie, Dino Ciani, Paul Crossley, Albert Ferber, Nelson Freire, Pascal Gallet, Walter Gieseking 1953, Friedrich Gulda, Monique Haas, Michaël Levinas, Stefan Litwin, Andrew von Oeyen, Jacques Rouvier et Jean-Yves Thibaudet.

Cathédrale engloutie

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.