Luigi Nono et Salvatore Sciarrino à Heidelberg

Que voilà un beau disque de musique contemporaine ! Il comprend trois œuvres chorales : Sciarrino : “L’alibi della parola” (1994) et “Tre canti senza pietre” (1999) – Nono : “Sarà dolce tacere” (1960) et une œuvre instrumentale de ce dernier en première mondiale : “Polifonica – Monodia – Ritmica” (1951).

Ces deux compositeurs, Luigi Nono (1924-1990) et Salvatore Scarrino (1947*) sont relativement peu joués.

L’alibi della parola de Sciarrino comprend quatre pièces très différentes, de chuchotements à des onomatopées ou des glissandi harmoniques. Basée sur différents textes (Wells, Pétrarque, inscriptions sur des vases  grecs, etc.), elle propose des univers sonores inouïs et captivants.
Sarà dolce tacere de Nono est une pièce de 7′ ; tout aussi captivante avec ses sortes d’incantations douces et prenantes.
Les Tre canti senza pietre de Sciarrino est syllabique, comme un “crépitement de cailloux”,  avec un contre-ténor chantant avec un mouchoir entre les lèvres… Pourtant, cette œuvre nous propose également un univers fascinant.

Le tryptique instrumental de Luigi Nono est une vraie découverte ; il est composé en pleine effervescence du Darmstadt de l’après-guerre, dans un idiome post-sériel,  et c’est pourtant une merveille de poésie, peut-être due au fait qu’elle est basée sur des rythmes brésiliens que lui avait alors fait connaître la pianiste et compositrice brésilienne Eunice Katunda. La version – très – abrégée qu’Hermann Scherchen réalisa et dirigea à Darmstadt (et qui figure sur le présent CD) reçut un très grand succès, contredisant sa réputation d’œuvre intellectuelle. Une révélation.

Très belle interprétation chorale et instrumentale de la Schola Heidelberg et de l’Ensemble Aestesis dirigés par Walter Nussbaum. Livret remarquable, mais en anglais ou allemand seulement. 
On peut entendre des extraits ici.

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