Anthologie Georgia Spiropoulos

Voici une anthologie de la compositrice grecque, Georgia Spiropoulos (1965*). Le CD est livret sans livret, mais celui-ci, très détaillé, est disponible en ligne ici
Son cursus est plus que varié : on trouve dans son Cv les noms de personnalités aussi diverses que Philippe Leroux, Jacques Charpentier, Michaël Levinas, Georges Crumb, Jonathan Harvey, Tristan Murail, Brian Ferneyhough, Marco Stroppa, Philippe Hurel ou Ivan Fedele. On pourrait ajouter les influences d’un Stockhausen (Stimmung dans Klama) ou d’un Xenakis.
Les trois œuvres présentes ici sont écrites pour bande préenregistrée et/ou informatique en temps réel. Les Bacchantes et Klama comportent une partie vocale importante, Roll…n’Roll…n’Roll  est pour harpe solo  et traitement temps réel.

On trouvera ici une interview qui décrit bien les influences tant musicales qu’artistiques de Georgia Spiropoulos.

J’avoue ne pas être un grand amateur des œuvres comportant une bande préenregistrée importante (pour faire facile, je suis plus Dufourt que Dufour). C’est la cas de Bacchantes (« Solo opéra brut » – 2010) pour chanteur et électronique – sans doute un spectacle « total » mais dont on n’a ici que le son. Klama (Lamentation) est une commande de l’IRCAM et de l’Ensemble Accentus de Laurence Equilbey. C’est une œuvre dramatique, et très prenante de parses nombreux événements et les différentes strates obtenues avec la bande enregistrée et le chœur mixte traité en temps réel. Voici ce qu’en écrit l’auteur : « L’écriture se développe parallèlement sur trois niveaux qui interagissent et se superposent telles les Übermalungen  des Totenmasken d’ Arnulf Rainer (peintures sur photographies des masques des morts); l’écriture vocale utilise des traits mélodiques et certaines techniques de la voix endeuillée; l’écriture électroacoustique agence des matériaux bruts ou transformés, intégrant le bruit et la dégradation du support analogique (disque vinyle et cassette audio); axé principalement sur le timbre, le traitement électronique se concentre, lui, sur la distorsion, le filtrage par « masque », l’accentuation du souffle, la granulation et la modulation d’amplitude. Il agit sur les voix du chœur en temps réel et fait figure de métaphore des perturbations vocales inhérentes à la lamentation. » 

La troisième œuvre est donc pour harpe solo et traitement en temps réel délivrant un monde sonore assez fascinante (ci-dessous une autre interprétation).

Un disque marquant.

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