Charles-Valentin Alkan – Pascal Amoyel

Charles-Valentin Alkan – Pascal Amoyel – La dolce volta

Alkan - Pascal Amoyel
Alkan – Pascal Amoyel

alkan-portrait

C’est donc le bicentenaire de la naissance de Charles-Valentin Alkan (1813-1888), né Charles-Valentin Morhange, sorte de Glenn Gould français qui se retira rapidement de la vie de concertiste (pour y revenir de temps à autres), afin de se consacrer à la composition, tout en vivant de cours de piano.
Ses talents de pianiste subjuguèrent le public et les musiciens de l’époque (Debussy et Ravel notamment, plus tard Busoni et Rachmaninov), Hans von Bulow le nommant « le Berlioz du piano » (?). La légende veut qu’il mourut écrasé par sa bibliothèque en en extrayant le Talmud…

Le CD est un bel objet, on regrettera tout de même, malgré l’intéressante interview de Pascal Amoyel, l’absence d’analyse des œuvres. Pascal Amoyel décrit toutes les difficultés de jouer et d’interpréter cette musique, évoquant par exemple des armatures bien chargées (cf. début du 4e mouvement de la sonate ci-dessous).

De nombreux pianistes ont enregistré des œuvres d’Alkan : Marc-André Hamelin, Olli Mustonen, Steven Osborne, Jean-Claude Pennetier, Bernard Ringeissen, Ronald Smith, Hüseyin Sermet  pour les plus connus ; il y a de la place pour tout le monde : au moins 76 opus dédiés essentiellement au piano… Ce n’est pas le moindre mérite d’Amoyel que de ne jamais nous faire sentir les difficultés de la partition – à noter le fruité du piano Steinway D superbement mis au point et très bien enregistré à l’Arsenal de Metz.

6 petites pièces encadrent la Grande sonate op. 33 « Les 4 âges » : Un nocturne op. 22 très poétique, une Barcarolle op. 65 n°6 délicate et prenante, la chanson de la folle au bord de mer op. 31 n°8, bien plus sombre, avec aux 3/4 un superbe silence avant la reprise sotto voce. En complément 3 esquisses op. 61 : « Les cloches », sorte de Haiku, « La vision », pièce très éthérée où l’on admire ici encore la concentration et la maîtrise du pianiste et enfin « Les soupirs », toute en arpèges.

Reste le morceau principal, la Grande sonate op. 33 « Les 4 âges » : 4 mouvements :

  • 20 ans – très vite,
  • 30 ans Quasi Faust – Assez vite,
  • 40 ans – Un heureux ménage – Lentement et
  • 50 ans – Prométhée enchaîné – Extrêmement lent.

S’il rapproche Alkan de Chopin et Scriabine, Amoyel cite également Liszt ; les 3 premiers mouvements sont de la musique à programme,  par exemple le 2e : Sataniquement – Le Diable – avec candeur – sourdement – passionnément – impitoyable – suppliant – avec désespoir – Diabolique – avec bonheur – avec délices – avec confiance… 

J’espère qu’un jour il nous donnera sa version de la Sonate de Liszt, voici en attendant son pendant français ! Plus de trois quarts d’heure de piano romantique avec tout l’arsenal pianistique possible de l’époque ; on en sort un peu groggy, mais ébloui ; encore une maître-disque de Pascal Amoyel…

À noter l’intense travail de la fondation Palazzetto Bru Zane, Centre de musique romantique française, qui a contribué à la réalisation de ce disque, comme par exemple celui consacré à Jean Cras.


Site de Pascal Amoyel
Site La dolce volta

Therefore, this is the bicentenary of the birth of Charles-Valentin Alkan (1813-1888), born Charles-Valentin Morhange, kind of a French Glenn Gould who retreated quickly from the concert (to return to it from times to times), in order to devote himself to composition, while living from piano lessons. His pianist talents subdued the audience and the musicians of the time (Debussy and Ravel for example, later on Busoni and Rachmaninov), Hans von Bülow naming him « the Berlioz of the piano »(?). Legend says he died run over by his bookshelves, trying to retreive the Talmud…

This CD is a beautiful object, we just regret, despite the interesting interview with Pascal Amoyel, the lack of analysis of the works. Pascal Amoyel describes the difficulties to play and interpret this music, evoking for example fully charged key signatures (see beginning of the 4th movement of the Sonata below).

Many pianists have recorded works by Alkan: Marc-André Hamelin, Olli Mustonen, Steven Osborne, Jean-Claude Pennetier, Bernard Ringeissen, Ronald Smith, Hüseyin Sermet for the best-known; there is room for everyone: at least 76 opus dedicated mainly for the piano… This is not the lesser merit of Amoyel to never make us feel the difficulties of the score – note the fruity piano Steinway D superbly tuned and very well recorded at the Arsenal in Metz.

6 small pieces surround the great Sonata op. 33 « 4 ages »: A nocturne op. 22, very poetic, a Barcarolle, op. 65 n ° 6 delicate and poignant, “the song of the mad woman at the edge of sea” op. 31 n ° 8, darker, with at 3/4 a beautiful silence before the sotto voce repeat. In addition, 3 sketches op. 61 « The bells », a sort of Haiku, ‘The vision’, very ethereal piece where you can admire here again the concentration and mastery of the pianist and finally ‘Sighs’, all in arpeggios. Remains the main piece, the Great Sonata op. 33 « 4 ages »: 4 movements:

  • 20 years – very fast,
  • 30 years almost Faust – fast enough,
  • 40 years – a happy household – slowly and
  • 50 years – Prometheus bound – extremely slow.

If he brings together Chopin, Alkan and Scriabin, Amoyel also cites Liszt; the first 3 movements are musicwith program, for example the 2nd: Satanic – the devil – candidly – dully – passionately – ruthless – begging – for – evil – despair with happiness – with delight – with confidence… 

I hope that one day he will give us his version of the Liszt Sonata, in the meantime here’s itsFrench counterpart! More than three quarters of an hour of romantic piano with any possible piano arsenal at the time; you come out a little groggy, but dazzled – Again a superb realization by Pascal Amoyel.

Note the intense work of the Palazzetto Bru Zane, the French romantic music Center Foundation, which contributed to  this recording, as for example the one devoted to Jean Cras.


A very good introduction to Alkan’s life and music
Pascal Amoyel Web site
La dolce volta

 
Alkan-Grande sonate op. 33
Alkan-Grande sonate op. 33 – Début du 4e âge

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.