Rencontre avec Julien Chabod – Clarinettiste et manager

© Mosconi / Klarthe

Si je résume, Julien Chabod est un clarinettiste – à la fois sur instruments modernes et anciens – qui se produit dans différents orchestres, enseigne la clarinette ou la musique de chambre au C.R.R. de Rueil-Malmaison, à l’École Supérieure de Musique de Bourgogne-Franche-Comté et au Conservatoire d’Asnières-sur-Seine. Il est de plus Label Manager de la société Klarthe,  éditeur de disques (classique et jazz), de partitions et agence d’artistes… et j’en oublie sûrement.
On voit que celui que ses très bons amis aiment à surnommer le “Depardieu de la clarinette » par sa générosité, et son amour aussi bien des notes que de la bonne chère, a un emploi du temps bien fourni.

Brillamment récompensé à l’issue de ses études au CNSM de Paris dans les classes de Michel Arrignon et Maurice Bourgue, Julien Chabod entame une carrière de soliste et chambriste lui permettant de jouer dans les plus belles salles du monde (Concertgebouw, Musikverein, Théâtre de la Scala, Philharmonie de Paris, Mozarteum de Salzburg, Théâtre Colon à Buenos- Aires…) avec les plus belles formations (Chamber Orchestra of Europe, Mahler Chamber Orchestra, Orchestre de Paris, Orchestre Philharmonique de Radio France, Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique du Luxembourg…). 
Titulaire de nombreux prix internationaux dont le prestigieux Concours International de l’ARD à Munich, il est soliste au sein des Musiciens du Louvre (Marc Minkowski) ainsi qu’à la Musique des Gardiens de la Paix de Paris.

Je m’aperçois que j’ai écrit des papiers sur près de 15 CDs Klarthe ; c’est que leur production est très diverse, originale et souvent de grande qualité (je ne fais pas de papier sur ceux qui ne m’emballent pas).
Mes préférés parmi les récents :

Alberto Ginastera - Larthe

Mais laissons la parole à Julien Chabod :

“Klarthe : ce nom est une construction avec un KL au début, un peu germanophone et un THE” à la fin qui fait anglophone et puis “ART” au milieu, cela en fait une sorte d’espéranto. Le label a été créé en 2015 avec un ami de toujours, le corniste Pierre Rémondière ; c’est une plateforme musicale conçue par et pour les artistes : on voulait sortir du cadre habituel de l’industrie musicale où ce sont des gens qui sortent d’une école de commerce qui s’en occupent, plutôt que des musiciens.

Klarthe repose sur 3 piliers essentiels d’un parcours musical : la production, la diffusion et la distribution en développant trois domaines d’activité :

  • L’enregistrement avec le label Klarthe Records
  • L’accompagnement des artistes avec Klarthe Management
  • L’édition de partitions avec Klarthe Editions

Outre ces activités, il y a aussi Klarthe Productions qui gère et/ou soutient des productions et des festivals. C’est un peu mon idée du bac à sable où l’on met des jouets dedans et l’on voit ce que l’on peut faire avec…

En cinq ans on a dû publier environ 150 albums – 70 % de classique, 25% de jazz et 5% de musiques du monde. On sort en ce moment un disque par semaine. Nous sommes distribués par PIAS et nous en sommes très heureux. On est une petite structure : les deux co-fondateurs et Sandra Rossi, directrice de production. Le reste est externalisé : attachés de presse, juristes, comptables, graphistes, traducteurs, community manager…
Une bonne vente en classique ? Si on convertit les ventes de streaming en plus des ventes en physique, on est content quand on vend 1 000 exemplaires, cela peut monter à 3 000 ou 5 000 pour les meilleures ventes. 

Chez Klarthe on a deux types de solutions pour les productions discographiques: soit on gère le projet de A à Z, soit fréquemment le ou les artistes vient ou viennent nous voir avec un master. Dans ce dernier cas on opte pour un contrat de licence qui ne dépossède pas l’artiste de son master, même si on élabore de façon collégiale l’ensemble du produit et in fine la distribution. La notion d’accompagnement auprès de nos artistes reste une priorité et l’écoute de leurs désirs une nécessité pour avoir le meilleur résultat possible.

Concernant la distribution de nos albums et leurs visibilités, nous sommes présents sur l’ensemble des plateformes de streaming mais nous restons attachés aussi à l’objet CD (et/ou vinyle) et sa visibilité dans les boutiques physiques. Le disque est aussi essentiel pour la promotion de nos artistes et pour qu’ils puissent le proposer au public à l’issue de leurs concerts. 
Pour l’avenir, on est à un rythme de production quasi-maximal pour notre structure, mais on a envie de s’investir davantage dans la production de spectacles / concerts ; le pôle édition marche très bien que ce soit au niveau des créations (Graciane Finzi, Karol Beffa, Nicolas Bacri, etc.) ou des transcriptions/arrangements, avec beaucoup de musiques pour vents et pour clarinette bien sûr ! 

Je pense qu’on se «  bunkerise »  souvent dans notre zone de confort alors que nous avons tous des talents cachés qu’il faut oser explorer et mettre en lumière.  J’ai encore de nombreuses idées pour de nouveaux bacs à sable !


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