Schumann par Romain Guyot
Un bien bel album consacré à Schumann (Robert) et la clarinette.
Au programme, des transcriptions : les Fantasiestucke op.73, Drei Romanzen op.94 et les Dichterliebe.
Pour ces derniers, difficile d’oublier, les DFD, Fritz et consorts – c’est évidement moins dramatique que la version originale chantée, mais tout aussi musical. La pianiste d’origine sud-coréenne Chloe Mun joue un Becker de 1900 (cette manufacture, comme son nom l’indique, était basée à Saint-Pétersbourg et cessa ses activités – curieusement ! – en 1918). Pas de son trop « zinguant » ou nasal ici, mais de très belles couleurs, bien adaptées au programme.
Très belle interprétation et magnifiques sonorités (notamment dans les Romances) de Romain Guyot.
Un disque Klarthe.
Musiques slaves et hongroises par l’hautboïste Philippe Tondre
![]()
Un programme très original :
Antal Doráti (1906-1988) - Duo Concertante pour Hautbois et Piano (1983) Pavel Haas (1899-1944) - Suita pour Hautbois et Piano Opus 17 (1939-1941) Klement Slavický (1910-1999) - Suita pour Hautbois et Piano (1956-1960) Bohuslav Martinů (1890-1959) - Quatuor pour Hautbois, Violon, Violoncelle et Piano H. 315 (1947)
Comme nombre de ses collègues plus connus pour leur activité de chef d’orchestre (Weingartner, Furtwängler, Kubelík, Bernstein, ou Salonen parmi de nombreux autres), Doráti a écrit un petit nombre de compositions (qu’il étudia avec Zoltán Kodály et Leó Weiner). Son Duo concertant en deux parties date de 1984 et est dédiée à Heinz Holliger ; Le premier mouvement est un peu mélismatique avec un hautbois parfois presque langoureux (difficile à chaque écoute d’une œuvre tonale voire modale pour hautbois à ne pas penser au Concerto de Vaughan…). Le 2e mouvement est cependant plus dans le style « folklore revisité » de Bartok, même si ce dernier ne fut pas le professeur de composition de Doráti, mais de piano.
Avec Pavel Haas et sa Suite pour hautbois et piano (1939) en trois mouvements, on est un peu plus près de Janáček que de Bartók et on est frappé par la variété des ambiances de cette œuvre – très belle conclusion finale.
Celle de Klement Slavický (1960) est magnifique, d’un abord aisé et d’ambiances très prenantes, il suffit de lire les titres des quatre mouvements : Pastorale, Scherzo, Triste et Bacchanale rustico.
Enfin, le Quatuor avec Hautbois de Martinů (1947) : comme toujours, écriture claire, rythmique omniprésente.
Un très beau disque pour lequel n’y a que des compliments à adresser à Philippe Tondre et à son excellente pianiste, Danae Dörken.
Un disque Klarthe.

