Deux compositeurs français : Camille Pépin et Pascal Jugy

Comme je prépare un ouvrage sur l’opéra contemporain, j’ai soumis une liste de cinquante œuvres phares à des dizaines de compositeurs d’opéras avec qui j’ai été en contact (cf. liste) ; les réponses furent très variées : par exemple l’un voulait que n’y figurent que les œuvres les plus radicales quand un autre me proposait les opéras de André Previn et Lorin Maazel… Je suis bien sûr plus proche du premier avis.
Aussi, quand Pascal Jugy a bien voulu m’adresser son CD et que l’attachée de presse du label m’a fait passer celui de Camille Pépin, je fus bien embêté : le premier déclare écrire de la musique purement tonale, la deuxième se réclame d’une filiation avec Guillaume Connesson et Thierry Eschaich. Tout cela me faisait penser au chapitre “Les nez hauts” de mon ouvrage sur et avec Régis Campo (que l’on peut au fait se procurer ici…).

Camille Pépin est une jeune compositrice (1990*) et c’est son premier CD, consacré à de la musique de chambre :
Lyrae pour quatuor à cordes, harpe et percussion
Chamber Music pour mezzo-soprano, violon, violoncelle, cor, clarinette, piano
Indra pour violon et piano
Kono-Hana pour violoncelle

Lyrae commence avec de superbes sonorités, mais se transforme ensuite façon Piazzola d’abord, puis Reich. Disons que c’est agréable.

Chamber music est un recueil de 18 pièces vocales sur des poèmes éponymes de Joyce. Le 4 reprend les rythmes de Lyrae, l’ensemble des pièces est très varié et très bien orchestré, c’est très plaisant, façon Vaughan / américains répétitifs, avec une couleur extra-européenne.

Indra fait montre d’une belle énergie rythmique, mais le problème que j’ai avec ces musiques, c’est qu’après le début de cette pièce je suis allé me préparer un verre et quand je suis revenu, je n’ai pas eu l’impression d’avoir manqué grand’chose…


Pascal Jugy (1964*) est également édité aux éditions Lemoine (celle des Boesmans, Campo, Jarrell, Hurel, Robin… bel éclectisme !). S’il a étudié avec Grisey ou Lindberg, il ne compose apparemment que de la musique tonale. Le CD est composé de treize pièces pour flûte et guitare à dix cordes, superbement interprétées et enregistrées d’ailleurs. C’est une musique allante, poétique et plutôt joyeuse ; cette tonalité assumée ne m’a pas dérangé, tant c’est bien écrit, créatif tout du long (même si du coup en forme de clin d’œil on pense  du coup que Jean Françaix était un sacré moderniste).
L’auteur devrait d’ailleurs proposer son CD à Radio classique !
On peut acquérir le CD ici.


Bon, j’ai aperçu des nouveautés Eötvös et Fujikura ;-).

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