Alan Hovhaness – Germaine Tailleferre – Pièces pour piano

Le pianiste Nicolas Horvath est connu pour son répertoire étendu souvent consacré à des compositeurs inconnus ou à des œuvres inédites. Il semble que François Mardirossian suive le même type de parcours.  J’oublie volontairement leurs enregistrements respectifs de la musique d’un certain Glass…

On connaît bien peu la musique ‘classique’ américaine en France dans ses multiples courants esthétiques. Alan Hovannes (1911-2000) ne fait ainsi pas partie des post-sériels comme Milton Babbitt et George Rochberg.
Ces pièces pour piano s’écartent en effet assez peu de la consonance (un peu dans la Suite grecque), mais dénotent une certaine influence de musiques asiatiques – je n’y vois pas personnellement un précurseur de la musique minimaliste américaine, mais des accointances certaines avec Satie, Gage, Feldman ; parfois on décèle du boogie, des influences espagnoles. Mais là n’est pas l’essentiel : on rapporte qu’Hovaness a détruit de multiples partitions : celles réunies sur ce disque sont de grande qualité, toujours inventives, élégantes, souvent simples d’accès – mais pas forcément simples pour l’interprète. Cinq »bonus tracks » sont proposés sur les plateformes, dont trois délicieux Haikus.

Des musiques aussi prenantes qu’originales, très bien interprétées et enregistrées. Un disque Ad Vitam Records.


Le CD consacré par Nicolas Horvath à la musique pour piano de Germaine Tailleferre (1892-1983), née Taillefesse –  porte le numéro 1 et inclut huit premières mondiales (le tout représentant plus de 83′ de musique – dont nombre d’arrangements de pièces du répertoire des 17 & 18e siècles).
Connue essentiellement pour sa participation au Groupe des Six; on ne saurait mieux caractériser sa musique qu’elle-même :  « Je n’ai pas grand-respect pour la tradition. Je fais de la musique parce que ça m’amuse, ce n’est pas de la grande musique je le sais. C’est de la musique gaie, légère, qui fait que, quelquefois, on me compare aux petits maîtres du XVIIIe siècle, ce dont je suis très fière. »
Ces propos se vérifient tout au long de l’écoute de ce disque, comme tel pétulant Fandango, les huit charmantes Fleurs de France, les deux Pastorales sud-américaines (La Pastorale amazone est d’une tonalité très relative – on lit qu’elle aurait eu une courte période dodéca vers la fin de sa vie bien remplie).

Nicolas Hovarth interprète ces pièces avec l’esprit et l’élégance voulus. Un disque Grand Piano Records.

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