Karlheinz Stockhausen – Écrits 1952-1961

Karlheinz Stockhausen - Comment passe le temps - Éditions Contrechamps
Karlheinz Stockhausen – Comment passe le temps – Éditions Contrechamps

Cet ouvrage reprend, parfois pour le première fois en version française, les principaux écrits de Stockhausen entre 1952 et 1961, soit pendant la période dite de « Darmstadt », représentatifs du développement du sérialisme de l’après-guerre :

Ces textes sont souvent d’un abord ardu. Ils sont précédés d’une introduction limpide de Philippe Albéra, que je ne saurais mieux résumer que ce texte figurant sur le site des Éditions Contrechamps :

"Karlheinz Stockhausen (1928-2007) a été, dans les années 1950, l’une des figures dominantes de l’avant-garde musicale : un compositeur inventif, audacieux et visionnaire. Chacune de ses œuvres constituait un événement et une avancée, chacune ouvrait des horizons nouveaux, et chacune était accompagnée par une réflexion théorique : Kreuzspiel et Kontra-Punkte sont liées aux notions de « musique ponctuelle » et de « composition par groupes » développées dans les premiers textes – Stockhausen cherchait alors à généraliser le sérialisme à toutes les composantes de l’écriture ; Gesang der Jünglinge fut le premier chef-d’œuvre de la musique électronique, dont Stockhausen a été un pionnier, et dont il détaille les enjeux dans ses écrits ; Zeitmaße et Gruppen apportèrent des éléments d’indétermination liés à une nouvelle conception du temps et de la forme, que Stockhausen appelle « statistique », et qu’il expose notamment dans son texte central, « … comment le temps passe… » ; elle entraîna l’idée d’une musique spatialisée, créant de nouvelles conditions d’écoute, discutées dans « Musique dans l’espace » ; Kontakte mélange les sources instrumentales et électroniques, développant une nouvelle conception de la forme, appelée « forme-moment », qui est aussi le titre de l’un de ses essais ; enfin, des pièces comme Klavierstück XIRefrain ou Zyklus introduisirent une part d’aléatoire qui redonna aux musiciens une certaine liberté dans le travail d’interprétation.

Dans ses textes, Stockhausen s’appuie sur la nature des phénomènes plutôt que sur des considérations historiques ou esthétiques. À chaque étape de son évolution, il a forgé des concepts et ouvert des perspectives. C’est cette formidable aventure, qui fut globalement celle de toute une génération, qui est consignée dans les textes regroupés ici, écrits entre 1952 et 1961. Ils révèlent une pensée profonde et prospective, en perpétuelle recherche, mais traversée par une exigence centrale : unifier tous les éléments d’une œuvre, de la micro à la macrostructure, dans une organisation totale qui refléterait l’ordre divin et échapperait au temps mesuré."

Outre des textes théoriques, on trouvera une analyse du Concerto pour neuf instruments op. 24 de Webern et du Klavierstück I (ici avec partition et son).

Un extrait significatif de l’introduction d’Albéra : « Chaque époque regarde les précédentes avec ses propres préoccupations. Celles d’aujourd’hui semblent bien éloignées de celles d’après-guerre et les œuvre nées d’un effort sans précédent pour reconstruire le langage musical sur des bases neuves ne trouvent plus grâce auprès des historiens, pas plus qu’elles n’ont trouvé leur place dans les salles de concert ».

Un ouvrage d’histoire de la musique contemporaine.

Au-delà de ses fantasmes « cosmiques » (cf. l’article de musiciens de l’EIC en réaction à ses déclarations sur les attentats du 11/9), de la forêt de concepts qu’il a pu créer (points, groupes, formule, super-formule…), quelques œuvres-jalon de cette période :







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