Rafael Kubelik – Réédition chez Orfeo de concerts symphoniques munichois

Une aubaine : le prix et des déceptions. D’abord rien de nouveau, tout était déjà paru. Orfeo a décidé de ne rééditer que les œuvres purement symphoniques : pas de Geza Anda, de Rudolf Serkin ou de Henryk Szering, entre autres, pas son exceptionnelle Missa Solemnis non plus (alors pourquoi mettre la 9e ?). Mais pas un Haendel op. 6 n°6, certes oubliable, ni d’Ouverture Hussite. Pas de livret éclairant non plus – comparer Kubelik à Talich, certes, à Ancerl, c’est déjà plus discutable quand à Bělohlávek… Enfin j’ai comparé les reports originaux avec ceux-ci : aucune amélioration du son.

Ce papier s’adresse aux plus jeunes mélomanes qui ne connaîtraient pas Kubelik (incroyable le nombre d’instrumentistes français que j’ai pu interviewer, qui, bien qu’âgés entre 30 ou 40 ans, n’ont jamais entendu son nom !).

Au programme de ces concerts enregistrés par la Radio Bavaroise entre 1963 et 1985, date de sa retraite officielle :

Haydn : Symphonie n° 99. Mozart : Symphonies n° 25, 38, 40, 41. Beethoven : Symphonie n° 9. Brahms : Symphonies n° 1 à 4. Dvořák : Symphonies n° 6 à 9, Sérénades op. 22, op. 44. Bruckner : Symphonies n° 8 et 9. Berlioz : Symphonie fantastique, Ouverture “Le Corsaire”. Smetana : Ma Patrie. Janáček : Sinfonietta. Hartmann : Hymnes Symphoniques. Bartók : Musique pour cordes, percussion et célesta, Concerto pour orchestre.

Les Haydn et Mozart surtout sont des modèles – on ne retrouvera plus ce chant permanent, certes au profit de plus dé légèreté et d’allant. Une splendide 9e de Beethoven – très belle image sonore dans la relativement petite HerkuleSaal de Munich. Dans les Dvořák, on a tout simplement la meilleure 6e au disque et une merveilleuse 9e (j’ai 12 versions par lui, il ne la ratait jamais). Par contre il lui arrivait – certes rarement – d’être presque absent dans certains concerts : c’était le cas pour cette 8e dont je n’ai pas compris qu’on ait choisi de la publier.

Deux frustrations chez Kubelik : celle de ne pas être connu ou reconnu comme compositeur et celle de se voir coller irrémédiablement l’étiquette de chef spécialisé dans la musique tchèque. On le retrouve pourtant ici dans la Sinfonietta et Ma Patrie. Le première est merveilleuse d’aération et de présence sonore ; Ma patrie en public n’est pas la meilleure version des cinq portées au disque (Dans l’ordre de préférence : Orchestre philharmonique tchèque au Japon en 1991, surtout la version DVD, à Prague en 1990, Chicago en 1952, celle-ci de 1984 – sur l’insistance de la Radio bavaroise – et Vienne en 1959). Deux superbes Bartók même si l’on peut préférer sa Musique pour cordes à Chicago en 1951 et son Concerto – inégalé – à Londres en 1958 – mais frissons musicaux garantis…
Deux belles symphonies de Bruckner, une 8e où les cuivres sont à la peine dans le finale et une des meilleures 9e que je connaisse – avec certes deux ou trois tics mahlériens – (après celle de Giulini à Vienne – DG). Enfin, son grand champion, le compositeur Karl Amadeus Hartmann, dans cette partition inédite à l’époque : un must pour les mélomanes réticents vis-à-vis de Boulez et de ses suiveurs : un mélange tonitruant et assez rare de Stravinsky et de Berg.

Voilà, en vrai fan, je me suis permis de râler un peu, mais c’est vraiment l’occasion pour les plus jeunes amateurs d’entendre de superbes concerts d’un des grands chefs du XXe siècle. Plus de commentaires sur www.kubelik.org.

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