Anthologie Rebecca Clarke

Pour une fois, cette exhumation d’œuvres d’une compositrice du passé nous propose un programme superbe, consacré à la compositrice britannique Rebecca Clarke (1886-1979).

La couverture du CD est trompeuse : on se demande quelle est cette jeune femme compositrice à qui un CD entier d’œuvres pour alto est consacré… Il s’agit en fait de l’altiste Vinciane Béranger, principale interprète de l’album.

Rebecca Clarke fut une soliste célébrée et considérée comme un des compositeurs les plus importants de l’entre-deux guerres. Elle a écrit principalement des œuvres de musique de chambre avec alto. 

Le programme commence par un chef d’œuvre, la Sonate pour alto et piano. En trois mouvements bien différenciés impetuosoVivaceAdagio. C’est une musique très construite, débordant d’idées et proposant de nombreuses ambiances prenantes. Si ça sonne parfois comme du Vaughn, si l’on décèle quelques inspirations folkloriques et un peu de pentatonisme, c’est un langage très personnel, avec un accompagnement pianistique jamais décoratif ou seulement fonctionnel.

Composée un an plus tôt en 1918, Morpheus, également pour alto et violon ,est une pièce de la même veine, en plus romantique.

Suivent deux superbes pièces pour alto et violoncelle, une très douce Lullaby et un pétulant Grotesque.

Le programme propose ensuite un trio pour violon, alto et piano, Dumka très slave, un peu polytonal (dont on peut penser qu’il aurait pu être joué plus ‘enlevé’).

Enfin, une curiosité, le bref Chinese Puzzle pour alto et piano, joué tout du long pizzicato, tout en pentatonisme, idéal pour un bis (l’original est pour violon).

Vinciane Béranger fait montre de toutes les qualités nécessaires à ces pièces exigeantes, bien entourées par les trois autres instrumentistes

Un programme passionnant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.