Tchaikovsky – Golovanov

Tchaikovsky – Golovanov [EN]

Golovanov conducts Tchaïkovski - Praga Digitals
Golovanov conducts Tchaïkovski – Praga Digitals

Programme

Moscow – Coronation Cantata (1883) – 1948
Voyevoda Op.78 (1891) – 1948
1812 – Ouverture solennelle, Op.49 (1880) – 1952
The Tempest, Op.18 (1873) – Live 1951
Luydmilla Legostaeyeva, mezzo-soprano, Daniel Damaniov, baryton
Moscow radio Symphony Orchestra and Choir, Nicolai Golovanov

Nicolai Golovanov était un chef d’orchestre, pianiste et compositeur soviétique (1891-1953). Célèbre pour l’opulence du son orchestral qu’il faisait produire et de sa très grande liberté avec les partitions, il peut faire penser à une sorte de Stokowski soviétique, son aîné, mais qui vécut bien plus longtemps (1882-1977) ou encore à Mengelberg (1871-1951) . Un extrait en vidéo de l’Ouverture 1812 – avec sa fin remaniée, on y reviendra – une vidéo « pas piquée des hannetons »…

Moscou

Tchaïkovski, alors à Paris, accepta d’écrire cette cantate en 2 semaines, pour le couronnement d’Alexandre III. Elle fut effectivement créée lors d’un dîner suivant ce couronnement au Kremlin, sous la direction de Eduard Nápravník. Piotr avait été charmé par les poèmes proposés de Maïkov. Mais Golovanov « dut » utiliser une version remaniée des textes par Machistov, afin de gommer des références tsaristes ou religieuses… On n’a pas trouvé les textes ni de l’un ni de l’autre, la seule partition accessible en ligne étant en Russe. Son très correct, superbe chœur, mezzo russe à souhait, baryton à l’abattage impressionnant.  Direction phénoménale d’efficacité…

Si j’écris « dût utiliser », c’est qu’il n’avait pas l’air fâché du régime stalinien :

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Voyevoda

Piotr déclara que cela n’aurait jamais dû être composé et menaça de détruire la partition… C’est lui-même qui en assura la création et en fut fort marri. Ce doit être en effet difficile à diriger, ce qui n’apparaît pas ici ! Le son est un peu plus précaire que pour Moscou. On pense fugacement à Antar (1988), voire aux poèmes symphoniques de Dvorák, ultérieurs, plus qu’à ceux de Liszt (dont Golovanov était un spécialiste). A noter l’usage quasi pionnier du célesta. En tout cas, on a là du Tchaïkovski bien reconnaissable, contrairement à l’ensemble de la cantate.

Ouverture 1812

Non, ce n’est pas la fameuse mouture donnée par Dorati à Minneapolis avec moult canons. C’est quand même sacrément pittoresque. Mais le must, c’est le réarrangement de la fin : on s’attend à la péroraison habituelle, et alors que la « mayonnaise » prend fortement, voilà qu’à la place de l’hymne impérial « Dieu garde le Tsar » est insérée la fin de « La vie pour le Tsar » de Glinka (?)…

La tempête

Dans le genre Shakespeare, il fera quand même mieux avec Roméo et Juliette… Son précaire, mais cette fois on pense à un Zdeněk Chalabala russe… Quelle compréhension / restitution de la partition ! On a l’impression que les musiciens ont une telle maîtrise solfégique que le chef peut se permettre rubatos, ruptures et que tous suivent « comme un seul homme ». Ce sera encore le cas à un degré un peu moindre avec le regretté Svetlanov.

Conclusion

Un SACD proprement exotique, de par son programme peu courant, les conditions politiques des exécutions, la spécificité des musiciens russes de l’époque et surtout l’efficacité et l’absence d’inhibition d’un très grand chef, et un voyage dans le temps…

Tchaikovsky – Golovanov

Moscow – Coronation Cantata (1883) – 1948
Voyevoda Op.78 (1891) – 1948
1812 Ouverture, Op.49 (1880) – 1952
The Tempest, Op.18 (1873) – Live 1951
Luydmilla Legostaeyeva, messo-soprano, Daniel Damaniov, barytone – Moscow radio Symphony Orchestra and Choir, Nicolai Golovanov

Nicolai Golovanov était un chef d’orchestre, pianiste et compositeur soviétique (1891-1953). Célèbre pour l’opulence du son orchestral qu’il faisait produire et de sa très grande liberté avec les partitions, il peut faire penser à une sorte de Stokowski soviétique, son aîné, mais qui vécut bien plus longtemps (1882-1977) ou encore à Mengelberg (1871-1951) . Un extrait en vidéo de l’Ouverture 1812 – avec sa fin remaniée, on y reviendra – une vidéo « pas piquée des hannetons »…

Moscow

Tchaikovsky, while in Paris, agreed to write this cantata in 2 weeks, for the coronation of Alexander III. It was actually created at a dinner following the coronation in the Kremlin , under the direction of Eduard Nápravník . Piotr had been charmed by the proposed poems Maikov. But Golovanov was  » forced  » to use a modified version of the texts by Machistov that eliminates Tsarist or religious references … We did not find the text neither one nor the other, the only score available online being in Russian . Rather  good sound, superb choir, mezzo Russian at will, very impressive baritone. Phenomenal efficiency of the conducting … If I wrote  » forced » is that he did not seem angry the Stalinist regime :

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Voyevoda

Piotr declared that it should never have been made ​​and threatened to destroy the score… He created it himself and was greatly grieved . It must indeed be difficult to conduct, which does not appear here! The sound is a bit more precarious than for Moscow. We thought fleetingly of Antar (1988) or Dvorák’s symphonic poems, written later, more than those of Liszt (Golovanov was a specialist of them). Note the almost pioneering celesta use. In any case, this is recognisable Tchaikovsky, unlike most of the cantata .

1812 Overture

No, this is not the famous version given by Dorati in Minneapolis with great guns. This is picturesque anyway. But the best is the rearrangement of the end:we expected the usual peroration, but instead of the imperial anthem  » God save the Tsar » is inserted the end of  » a Life for the Tsar » Glinka (?) …

The Tempest

In the Shakespeare genre, he will do better with Romeo and Juliet… Precarious sound, but this time we think of a Russian Zdeněk Chalabala … We have the impression that the musicians have such musical mastery that the conductor can afford rubatos , breaks and all follow « as one man » . This will be the case at a slightly lesser degree with the regretted Svetlanov .

Conclusion

An exotic SACD, because of its unusual program, the political conditions of the executions, the specificity of Russian musicians of that time and especially the effectiveness and lack of inhibition of a great conductor.

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