Pragadigitals : Friedrich Gulda – Quatuor Prazak

Pragadigitals : Gulda – Prazak [EN]

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2 nouveaux SACD chez PragaDigitals : une réédition consacrée à Friedrich Gulda en musique concertante et un nouvel enregistrement du quatuor Prazak, les 2 derniers quatuors de Chostakovitch, réalisé en mai et juin derniers.

Friedrich Gulda

Un génie du piano, un peu excentrique à la Glenn Gould… Au programme :
Mozart – Concerto n°9  K. 271 « Jeunehomme » – Orchestre de la Radio bavaroise – Karl Böhm – 1969 – Live
Weber – Konzerstük op. 79 – Orchestre philharmonique de Vienne – Volkmar Andreae – 1956
R. Strauss – Burleske – Orchestre philharmonique de Vienne – Karl Böhm – 1957 – Live

La pose de Gulda sur la photo du livret (1930-2000), avec ses grosses lunettes à la Brendel – semble indiquer l’espèce de mélancolie qui se dégage de ces interprétations.

Mozart : évidence de la ligne musicale, dans un style classique, sans aucune afféterie, très belle entente avec l’orchestre (sans doute un concert radiodiffusé sans public). Un vrai bonheur, même si l’orchestre a une sonorité un peu globale. (Gulda joua le 14e et le 3e de Beethoven avec Kubelík dans les années 50).

Weber : Volkmar Andreae (1879-1962) est surtout connu pour son intégrale des symphonies de Bruckner, si originale. De beaux moments, mais l’œuvre ne déclenche pas vraiment l’enthousiasme…

Strauss : c’est vivant à souhait – On connaît les affinités de Böhm avec la musique de Richard Strauss, c’est parfait de verve et d’entrain dans ce qui apparaît être en fait un concerto pour piano et timbales…
Mais comme disaient les critiques de disques dans le temps : « à classer à Mozart ».

Quatuor Pražak

On avait un peu peur que leur dernière parution consacrée de nouveau à leur « tube », les 2 quatuors de Leoš Janáček, serait sans suite… Et bien non : voici les deux derniers quatuors de Dmitri Chostakovitch (1906-1975). Le Quatuor Pražak avait déjà enregistré pour PragaDigitals les n° 7 & 8. Ces 2 derniers quatuors datent de 1973 & 1974.
Certes, même dans ces œuvres tardives, la grammaire est bien plus simple que celle des quatuors de la 2e école de Vienne ou de Bartók (le Livre de Boulez fut commencé avant 1950 et Ainsi la nuit de Dutilleux sera créé seulement 3 ans plus tard…), mais c’est une musique qui a une indéniable puissance émotionnelle.
Avec les Borodin, Beethoven, Taneyev, Fizwilliam, Pacifica, Danel, Brosky, St Petersburg, Eder, Mandelring, Rasoumowsky, Debussy, Shostakovitch… les versions ne manquent pas dorénavant !
On trouvera peut être plus noir ou plus expressionniste dans la discographie, mais plus gratifiant instrumentalement et plus prenant, j’en doute. C’est aussi remarquable – et les œuvres ont des points communs – que leur version des 7 dernières paroles de Haydn.
À noter en guise d’entracte 2 petites transcriptions pour quatuor à cordes, op. 36, dont une polka tirée de L’Ange de feu, superbe bis pour tout quatuor à cordes…

Le dernier mouvement du 15e :

Une réflexion au sujet de « Pragadigitals : Friedrich Gulda – Quatuor Prazak »

  1. Gulda dans Mozart, et à toutes les étapes de sa carrière, c’est toujours une événement, en effet… Mais là où il est vraiment prodigieux, ça reste dans Beethoven : trois intégrales des sonates injustement oubliées en France, et une non moins belle intégrales des concerti pour piano.

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