Elena Bashkirova joue Tchaikovsky

Elena Bashkirova joue Tchaikovsky

Elena Bashkirova - Tchaikovsky
Elena Bashkirova – Tchaikovsky – Les saisons – Album pour enfants

A peine rentré du Festival de musique de chambre de Jérusalem dont la directrice artistique est Elena Bashkirova, que je reçois ce CD… qui comprend donc Les Saisons et Album d’enfants.

Le couplage n’est pas inédit, mais assez rare. On a compté presque 60 versions discographiques… On s’est intéressé principalement aux Saisons. Le CD présente un très beau livret, très documenté, avec une traduction française juste correcte.

Elana Bashkirova :

  1. Janvier – Au coin du feu
    Jeu perlé, indications respectées, tenue du rythme mais en souplesse, le tout dans une ambiance à la fois intime et rêveuse
  2. Février – Carnaval, la semaine des crêpes
    On ne sait pas si les crêpes sautent, mais ça sonne très Schumann
  3. Mars – Chant de l’alouette
    Le mouvement passe comme un rêve éveillé, avec une belle continuité de la ligne entre les deux mains
  4. Avril – Perce-neige
    On n’est pas dans Debussy, mais on y pense…
  5. Mai – Les Nuits de mai
    Quel beau son de piano, le retour de certains éléments donne le frisson
  6. Juin – Barcarolle
    Les sons venus de nulle part du Poco piu mosso!
  7. Juillet – Chant du faucheur
    Pas la pièce la plus intéressante du recueil…
  8. Août – La Moisson
    Encore une fois superbe de contrôle et de beauté de la sonorité, un peu plus de fantasque (Schumannien) peut-être ?
  9. Septembre – La Chasse
    Une pièce «  de caractère ».
  10. Octobre – Chant d’automne
    Pièce d’une nostalgie typiquement russe, peut-être la plus belle du recueil, phrasés superbes, tout de liberté et de poésie
  11. Novembre – Troïka
    Mélodie irrésistible, c’est joué avec un entrain « ailé ».
  12. Décembre – Noël
    Fait penser curieusement au Göttingen de Barbara, encore une fois le jeu est d’un chic approprié.

Octobre

Nos commentaires indiquent bien un disque exceptionnel. Qu’en est-il dans le paysage discographique ? On a comparé Octobre avec d’autres versions pour voir s’il ne fallait pas tempérer notre enthousiasme… – (il en existe plus de 60 versions et l’œuvre a été transcrite pour orchestre et pour trio) :

Jonas Vitaud : Une belle ambiance, mais on n’a pas la même évidence de la partition.
Brigitte Engerer : c’est un peu métrique et égrené.
Emile Naoumoff : Très lent, mais surtout personnel et poétique, magnifique.
Vladimir Tropp : Encore plus lent, c’est certes Andante doloroso » mais aussi « e molto cantabile« , or ça ne chante pas et ne raconte pas grand’chose non plus.
Irakly Avaliani : version rapide, calme et sereine pourtant, on a l’impression que c’est un piano droit.
Yakov Kasman : c’est lent, un peu uniforme
Lan Lang : exagération de la main gauche, beau travail sur les plans sonores, malgré le superbe contrôle de la dynamique, les phrasés sont un peu quelconques.
Maurizio Moretti : du très beau piano, tempi assez fluctuants, un peu de sollicitation du texte, mais c’est prenant.
Antonin Kubalek : A chaque fois que je cherche un CD de Kubelík, apparaît ce Kubalek. C’est assez uniforme, les indications (marcatof…) ne sont guère respectées.
Alexander Paley : le plus lent de tous, c’est un peu extrême et on frise la désarticulation du discours.
Vladimir Ashkenazy : C’est assez mal enregistré, on a plutôt l’impression d’un Berceuse.
Yefim Bronfman : Encore une version très correcte, mais un peu uniforme.
Luba Edlina : c’est assez impavide..
Hideyo Harada : une version bien neutre.
Arkady Sevidov : assez lent, sans intérêt particulier.
Gennady Dzubenko : manque de respiration.
Vassily Primakov : une jolie lecture, mais dont on se lasse assez vite
Angela Brownridge : la version la plus rapide, bien trop : l’œuvre y perd son caractère
Olli Mustonen : du très beau piano, texte un peu sollicité, un léger manque de variété au long de l’écoute.
Mikhail Pletnev : Un discours, beaucoup d’affect, avec encore une fois un texte trop sollicité dans le registre dolce.
Denis Matsuev : C’est du très beau piano, respectueux des indications, lui au moins n’affadit pas le discours à la reprise mesure 17.
Leon Zyker : 3’14 » contre plus de 6′ pour Paley. On dirait une boîte à musique, curieuse conception d’Andante doloroso
Nina Kavtaradze : 6’22 » cette fois… ça ne tient pas
Claudio Colombo : où voit-il un accord arpégé mes. 2 ? sinon c’est bien joué mais un peu neutre.
Nadav Hertzka : Une belle lecture, un peu rhapsodique.
Ania Dorfmann : Même couplage qu’Elena Bashkirova. Très rapide, technique très moyenne.

Conclusion

Ce nouveau disque d’Elena Bashkirova est bien au dessus du lot, en compagnie de Matsuev et de Naoumoff. et l’Album pour enfants est du même niveau.

Avec Elena Bashkirova au Festival de musique de chambre de Jérusalem
Avec Elena Bashkirova au Festival de musique de chambre de Jérusalem

Tchaikovsky - Saisons

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