
Carl-Emmanuel Fisbach (qui n’est pas originaire d’Eisenach) est un de nos meilleurs saxophonistes ; je l’avais écouté il y déjà 11 ans.
Ce nouveau CD propose 8 pièces interprétées sur 7 saxophones différents. On trouvera ici chez Selmer la nomenclature des principaux saxophones. Il y en a 7, avec le saxo contrebasse, très peu joué, remplacé sur le CD par le saxo ténor en ut, intermédiaire entre l’alto et le ténor. Très versé dans la musique contemporaine, C.-E. Fisbach propose ici des pièces pour saxophone solo de compositeurs contemporains d’origines variées, composées entre 2017 et 2025.
Giusto, du Français Christian Lauba, pour saxophone alto débute de façon très douce avant des passages très virtuoses, pas en seulement en terme de vitesse, mais aussi dans la maîtrise de jeux contemporains.
Narcisse en eaux troubles, de la Japonaise Mayu Hirano, pour saxophone soprano, met également en jeu le corps de l’instrumentiste, lui faisant aussi dire des textes.
On quitte cet onirisme pour une pièce plus dynamique, un hommage à Charlie Parker – Metal Bird – de laJaponaise Yumiko Yokoi, pour saxophone basse.
Al Maghrib, du Français Benjamin Attahir, pour saxophone soprano mêle volutes, mélopées et assise rythmique avant de s’achever dans un adieu presque solaire.
Chant austral, du Franco-Péruvien Juan Arroyo, pour saxophone ténor propose un grande variété de sonorités et de textures pour un environnement sonore presque cosmique.
Wine-o, du Français Mathieu Bonilla, pour saxophone sopranino a une entrée tonitruante, puis la ligne musicale s’étiole progressivement jusqu’au silence.
Quarta Traccia, de l’Italien Gervasoni, est pour saxophone en UT, ici un instrument « ancien » datant de l’époque d’Adolphe Sax (la première « grande » œuvre faisant intervenir un saxo soliste était la Rhapsodie de Debussy). Typique de ce compositeur, la pièce fait donc jouer à cet instrument de la modernité à l’époque une pièce d’écriture contemporaine sur un exemplaire « original ».
Enfin, Insight, du Mexicain Victor Ibarra, pour saxophone baryton réunit nombre de techniques de jeux modernes, musique assez théâtrale avec des moments frénétiques.
Reste qu’à la fin de l’écoute de ce CD paru chez Paraty, il faut se concentrer un peu pour réaliser que c’est le même Carl-Emmanuel Fisbach qui a joué tout ce répertoire si contrasté et sur ces sept instruments différents….
Ici C.-E. Fisbach avec des collègues dans un quatuor de saxophones de Gabriel Pierné, donné dans le cadre du Festival Adolphe Sax, sont C.-E. Fisbach est le cofondateur.