On compte une bonne dizaine d’enregistrements de l’œuvre sans doute la plus connue de Fanny Mendelssohn (1805-1847), réalisés presque tous par des pianistes féminines. (À gauche, portrait de Fanny par son mari, le peintre Wilhelm Hensel). Marie Vermeulin est une pianiste française qui interprète un large répertoire incluant nombre d’œuvres de compositeurs contemporains.
Das Jahr est composée en 1841 lors d’un voyage de Fanny en Italie. C’est une musique souvent intime, expressive et une œuvre d’importance (45′), marquante malgré les grandes compositions romantiques pour piano de ses contemporains, parmi lesquels Chopin, Schumann ou son frère.
Le début de Janvier semble anticiper la Sonate de Liszt. Février est dans le style « elfe » de son frère cadet. Mars semble appeler le
printemps, citant le choral « le Christ est ressuscité ». Avril, (à gauche la partition illustrée par Hensel) est un peu entre Schumann et Mendelssohn. Mai est bien plaisant, tandis que Juin m’a paru un peu fade. Juillet est curieusement très méditatif, façon choral. Août est charmant, comme du Schumann champêtre. Septembre est au bord de l’eau, donc tout en liquidité et en nostalgie. Octobre est plus sombre et riche en harmonies. Avec Novembre, on est plus vers le Chopin funèbre. Enfin, décembre est une sorte de clôture spirituelle, sauf : qu’il y a un postlude qui donne de regard ému sur l’entièreté du cycle.
Ce sera une découverte pour beaucoup, facilitée par l’engagement et les grandes qualités techniques et interprétatives de la pianiste.
