Roustem Saitkoulov à l’Institut Hongrois

Roustem Saitkoulov à l’Institut Hongrois

Roustem Saitkoulov
Roustem Saitkoulov

Né en 1971, cet homme mince, réservé, au regard d’acier nousa  fait passer une superbe soirée musicale. Bardé de prix internationaux, élève notamment d’Elisso Virssaladzé à Moscou, il nous vient de suite comme commentaire sa sonorité d’airain : cliché qui nous fait se demander s’il on est devant un autre cliché : un digne représentant de « l’école russe de piano ». (Mais quel rapport entre un Richter et un Gilels ?)

Le programme de ce récital organisé par l’Association Arthemes comportait notamment la 2e sonate de Chopin et la 12e Rhapsodie hongroise de Liszt. Disons que l’on a été plus subjugué qu’emporté : parfois, un peu plus de cantabile, un peu plus d’aigus n’auraient pas nui à notre humble avis. Mais on est bien subjugué par la maîtrise technique et musicale du pianiste. Si le 1er mouvement de la sonate de Chopin paraissait un peu asséné, la maîtrise encore une fois du discours et de la sonorité nous donnait un scherzo fantastique, une marche funèbre implacable, d’une densité de son phénoménale et un finale d’une perfection instrumentale stupéfiante qui laissait apercevoir comme des feux-follets. Et que dire d’une rhapsodie endiablée, aux trilles surnaturels. Ces interprétations captivaient l’auditoire de bout en bout.

Le programme comportait également des pièces pour piano et violon :  la sonate op. 100 de Brahms, et Souvenir d’un lieu cher op. 42 et Valse-scherzo op. 34 de Tchaïkovski. Au violon, sa fille, Clara, âgée de 16 ans. On était un peu gêné par un son de violon étriqué. Mais voilà que les deux artistes redonnent les Tchaïkovski en bis, et l’on découvre une autre violoniste : son corps se met à bouger, les phrasés s’affermissent, le son s’épanouit, on découvre alors une jeune artiste pétrie de talent et délivrée du trac ! Ajoutons que sa mère est violoncelliste et qu’ils se produisent en trio.

Un « pianiste à suivre » assurément.

Et voilà que je m’aperçois qu’un CD m’était passé sous le nez, publié l’an dernier : le Concerto n°1 de Chosta par Roustem Saitkoulov avec notre cher Nicolas Chalvin !

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