Philippe Hurel – Loops

Philippe Hurel – Loops

Philippe Hurel - Loops
Philippe Hurel – Loops

On commence à avoir une idée de l’esthétique de l’un de nos plus importants compositeurs contemporains (personne ne semble souligner la profusion actuelle d’excellents compositeurs français).

Cet enregistrement de 2005 est largement dédié à la flûte et juxtapose 2 partitions-hommages d’un quart d’heure environ : Ritornello in memoriam Luciano Berio et Tombeau in Memoriam Gérard Grisey avec 3 « Loops » : I pour flûte, II pour deux flûtes et III pour vibraphone.

Ritornello in memoriam Luciano Berio (2004)
Cette pièce pour flûte et piano est faite pour des gourmets de la musique ; de sonorité française et hédoniste, pour prendre une analogie bébête, c’est comme un plat à l’abord délicieux qui révèle au fur et à mesure de la dégustation sa richesse. Philippe Hurel est un « maniaque » de la transformation du discours, discours semblant répétitif mais sans connotation américaine. Son œuvre s’écoute à deux niveaux: superficiel, cajolé(e) par les sonorités de la flûte,  plus complexe quand on en suit l’organisation sophistiquée.

Loops II (2002)

Cette pièce fut écrite pour un concours de vibraphone, instrument souvent obligé de la musique contemporaine et parfois un peu pénible d’ailleurs dans son utilisation fréquente dans les œuvres orchestrales, genre Ondes Martenot d’une génération précédente. Le grand mérite de cette pièce est de faire oublier ce rôle de personnage obligé en fournissant une pièce pleine de poésie et délicatesse sonore.

Je passe sur Loops I & III : c’est remarquablement écrit, d’une grande inventivité tout en ne faisant pas appel aux jeux modernes de cet instrument – et superbement joué, mais je ne suis pas un fan de la flûte… – par contre pour les amateurs c’est certainement remarquable.

Tombeau in memoriam Gérard Grisey (1999)

Pour piano et percussion : un hommage sans doute ému à un de ses compositeurs préférés. Comment fait-il pour, à travers pourtant des répétitions, des transformations, du morphing à, sinon nous raconter une histoire, mieux, à nous à nous embarquer dans un voyage musical que l’on suit avec tant d’empathie. Pour moi le chef d’œuvre de CD.

Les interprètes : Anne-Cécile Cuniot, Sophie Dardeau et Juliette Hurel, flûtes – Jean Geoffroy, vibraphone et percussions – Jean-Marie Cottet, piano.

Les 4 premières minutes de Tombeau :

We start to have an idea of the esthetics of the one of our more important contemporary composers (nobody seems to underline the current profusion of excellent French composers). This recording of 2005 is largely dedicated to the flute and juxtaposes 2 homage of around fifteen minutes: Ritornello in memoriam Luciano Berio and Tombeau in Memoriam Gerard Grisey with 3 “Loops”: I for flute, II per two flutes and III for vibraphone.

Ritornello in memoriam Luciano Berio (2004)

This piece for flute and piano is made for gourmets of music, French sounding and hedonistic, to take a corny analogy, it’s like the first delicious dish that reveals during the tasting its richness . Philippe Hurel is a « maniac » of speech processing, speech seeming repetitive but without anyAmerican connotation. His work is heard on two levels: superficial, cajoled (e) by the sound of the flute, more complex when one follows the sophisticated organization.

Loops II (2002)

This piece was written for a contest vibes, an often obliged instrument in contemporary music and sometimes a little boring in its frequent use in orchestral works such as Ondes Martenot for a previous generation. The great merit of this piece is to forget this role of character by providing a piece full of poetry and sound sensitivity.

I pass over Loops I & III is remarkably written, great inventiveness while not using modern games of this instrument – and superbly played, but I’m not a fan of the flute … – But for flute lovers this is certainly remarkable.

Tombeau in memoriam Gérard Grisey (1999)

For piano and percussion: homage undoubtedly moved to one of his preferred composers. How does he do it, through however repetitions, transformations, morphing, if not to tell us a history, better, to take us on a musical voyage which one follows with such an amount of empathy. For me the chef d’œuvre  of this CD.

Interpreters: Anne-Cecile Cuniot, Sophie Dardeau and Juliette Hurel, flutes – Jean Geoffroy, vibraphone and percussions – Jean-Marie Cottet, piano.

The first 4 minutes of Tombeau:

 
Philippe Hurel - Pour l'image
Philippe Hurel – Pour l’image

Un autre CD bien intéressant d’œuvres plus anciennes. Parmi celles-ci se détache pour moi nettement Pour l’image (?), pièce de 1987. L’ombre de Bernd Alois Zimmermann semble planer au début de la pièce. Celle-ci s’avère plus dramatique que les Loops et l’on est pris de bout en bout. Comme l’indique la pochette, sans doute une œuvre fondatrice de son langage ultérieur.

Bref, un compositeur à découvrir !

Another quite interesting CD of older works. Among those I detached clearly Pour l’image (?), a piece written in 1987. The shade of Bernd Alois Zimmermann seems to plane at the beginning of the part. This one provesto be  more dramatic than the Loops and one is taken from beginning to end. As the small pocket indicates it, undoubtedly an essential work for his later language.

In short, a composer to be discovered!

 

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