Les musiciens et la Grande guerre : Louis Vierne

Les musiciens et la Grande guerre – Volume 21 : Louis Vierne

Les musiciens et la Grande guerre : Louis Vierne
Les musiciens et la Grande guerre : Louis Vierne

Je l’avoue, cela faisait quelques jours que ce CD consacré entièrement à Louis Vierne (1870-1937) traînait parmi ceux que l’on a bien voulu m’adresser et je me disais, ça doit être du genre Franck ou orgue au piano…

Frédérique Troivaux
Frédérique Troivaux

Bon, c’est un peu dans une lignée franckiste – et aussi lisztienne,  mais c’est éminemment pianistique et j’ai surtout trouvé nombre de ces pièces composées entre 1914 et 1918 tout à fait dignes d’intérêt. Le tout est très bien joué par Frédérique Troivaux. Seul bémol, le Steinway B 211, bien que très bien enregistré, sonne parfois légèrement métallique.

Programme :

12 Préludes op. 36 (1915)
  Prologue
  Tendresse
  Pressentiment
  Souvenir d'un jour de joie
  Nostalgie
  Par gros temps
  Evocation d'un jour d'angoisse
  Dans la nuit
  Suprême appel
  Sur une tombe
  Adieu
  Seul...
Trois Nocturnes op. 34 (1915-1916)
  La nuit avait envahi la nef de la cathédrale
  Au splendide mois de mai, lorsque les bourgeons rompaient l'écorce
  La lumière rayonnait des astres de la nuit, le rossignol chantait
Silhouettes d'enfants op. 43 (1920)
  Valse
  Chanson
  Divertissement
  Barcarolle
  Gavotte dans le style ancien

Dans les Préludes, on a repéré la beauté harmonique de Tendresse la poésie de Nostalgie, le contraste entre l’accompagnement sombre de la main gauche et les ritournelles faussement candides de la main droite dans Évocation d’un jour d’angoisse, la sorte de confidence intime de Sur une tombe et le très Lisztien Seul… qui donne le titre de l’album.

Avec un très Lisztien – dernière manière – premier Nocturne, le 2e Nocturne est très original avec ses voix secondaires en filigrane ; un peu répétitif et longuet, le 3e pourra néanmoins séduire…

Les silhouettes d’enfants sont des pièces de moindre ambition, mais bien agréables (la 2e façon Chabrier ou la 5e façon Scarlatti).

Un disque aussi excellent qu’utile, même indispensable pour les amateurs de beau piano – une musique claire, qui parle directement à l’auditeur.

Notons qu’Abel Decaux « le Schoenberg français », ainsi nommé après l’édition de ses Clairs de lune (1900-1907 !) succéda à Vierne à la classe supérieure d’orgue de l’École César-Franck en 1935. Enfin rappelons le très beau disque d’Elsa Grether et François Dumont avec la Sonate pour violon et piano.

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