Martinů – Sœurs Kodama et Nemtanu

Je dédie ce petit article à mon ami Pierre Barbier, qui s’y connaissait – entre autres slaves – en matière de Martinů et qui est décédé ce matin.

Momo Kodama m’avait indiqué qu’elle allait jouer de plus en plus avec sa sœur Mari. Quelle bonne idée d’associer dans ce programme ces deux pianistes et deux autres sœurs, Sarah (cf. cet article, presque de l’histoire déjà…)  et Deborah Nemtanu (respectivement 1ers violons au National et à l’Orchestre de chambre de Paris).

Programme :

Concerto No. 2 in D Major for 2 Violins, H. 329
Rhapsody-Concerto,  for Viola and Orchestra H. 337H. 337
Concerto for 2 Pianos, H. 292
Deborah & Sarah Nemtanu, Violin
Magali Demesse, Viola
Momo & Mari Kodama, Piano
Orchestre Philharmonique de Marseille
Conducted by Lawrence Foster

Le Concerto pour deux violons est une œuvre plaisante, façon concerto grosso. Même si la musique de concertante de Martinů est agréable et souvent enjouée, on a souvent l’impression quand même d’entendre chez Martinů un peu toujours les mêmes formules – le premier mouvement notamment fait penser aux Fresques de Piero della Francesca. Très belle prestations des solistes dans ces pages virtuoses. La prise de son aurait pu être plus dynamique.

Heureuse surprise avec le Concerto pour alto, plus rhapsodique effectivement, avec quelques audaces harmoniques. Une œuvre plutôt calme, élégiaque avec de très prenantes atmosphères. Superbe prestation de Magali Demesse, premier alto de l’orchestre.

Une des rares versions disponibles du concerto pour deux pianos était celle du duo Janine Reding et Henry Piette – 1955, version qui ne m’avait guère enthousiasmé, sans doute à cause d’un son précaire. (L’œuvre a été commandée et créée par le duo Genia Nemenoff et Pierre Luboschutz à Philadelphie en 1943).
  Très belle interprétation des sœurs Kodama, du rythme, des couleurs, de la rondeur cette fois et une maîtrise impeccable dans cette œuvre virtuose. Superbes ambiances dans l’Adagio. Finalement une partition marquante de Martinů.

Le tout est dirigé avec entrain par le vétéran Lawrence Foster. Il dispense par exemple dans l’Allegro final du deux pianos une belle « rumeur » pour reprendre un terme cher à Pierre Barbier.

Un superbe disque Martinů.

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