Gérard Pesson – Blanc mérité

Carmagnole (2015) - pour flûte, clarinette, piano, percussion, guitare, violon, alto et violoncelle
Musica ficta (2002-20...) pour piano
Ne pas oublier coq rouge dans jour craquelé (2010) (moments Proust) pour piano, violon et violoncelle
Six transformations du menuet K. 355 de Mozart (2008-2011) pour flûte, clarinette, piano, percussion, guitare, violon, alto et violoncelle
Neige bagatelle (2002) pour guitare, violoncelle et piano
Blanc mérité (avec Roman Opalka) (2017) pour flûte, clarinette, saxophone ténor, trompette, accordéon, violon, alto, violoncelle
Caroline Cren, piano - Ensemble Cairn

On sait que ses collègues aiment bien le surnommer Gérard « peu de son » et certaines de ses œuvres pour orchestre ont pu justifier ce qualificatif.

Il n’en est rien ici. À commencer par sa récente Carmagnole. Le début fait immédiatement penser au fameux Pop-Art de Régis Campo. C’est une musique un peu déglinguée, très timbrée ; quelques notes de la chanson apparaissent ici ou là, la pièce se terminant par la gratification de quelques unes de ses notes successives. Pièce aussi vivante dans ses modes de jeu variés qu’imaginative.

Musica ficta : Six pièces pédagogiques pour piano de 2 à 6 mains choisies parmi de très nombreuses autres, Alkan, Verdi sont notamment conviés et Chopin dans le dernier : « Enfin, l’Origami Chopin consiste en un jeu de superpositions et de pliages utilisant deux préludes de l’opus 28. Dans la première partie de la pièce, le prélude n° 15 est à la main droite et le prélude n°4 à la main gauche, puis, au milieu de la partition, le processus s’inverse. » On est dans le « ludique ».

Ne pas oublier coq rouge dans rouge craquelé (moments Proust) pour trio pour violon, violoncelle et piano : des collages de phrases de Proust, déformées, inspirent ici brisures, ostinati. Même qualificatif !

Six transformations du menuet K. 355 de Mozart : du ludique on vire à l’espiègle, la 2e est particulièrement réjouissante. Tout cela est bien déjanté, façon Klangfarbe aussi.

Neige bagatelle, façon Perec : créée à 20h02, lors d’un concert
de 2002 secondes, le 20/02/2002.

Blanc mérité m’a paru plus conceptuel et m’a un peu perdu.

Mais voilà un disque bien réjouissant avec ce programme très cohérent consacré à un compositeur d’un métier aussi assuré que son inventivité et du discours et de l’instrumentation.

 

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