Dutilleux – Debussy – Emmanuelle Bertrand

Dutilleux Debussy Emmanuelle Bertrand
Dutilleux Debussy Emmanuelle Bertrand

On avait écouter quelques versions de cette œuvre en 2013. Émergeaient sensiblement les versions Rostropovitch / Baudo, Truls Mørk / Myung-Whun Chun et Christian Poltéra / Jac van Steen.

Depuis sont apparues notamment les versions Xavier Phillips, Anssi Karttunen, ce qui fait qu’on a largement dépassé la dizaine d’enregistrements de ce qui est devenu un tube (à l’instar du nombre d’enregistrements de la musique de Dutilleux, compositeur phare de nombre d’artistes et de compositeurs ; on pourrait presque, pour rester chez les Français, parler d’une filière Dutilleux plus ou moins opposée à une filière Boulez).

Ce programme permet d’entendre Emmanuelle Bertrand en soliste, sonate et concerto :

Henri Dutilleux (1916-2013) - Trois strophes sur le nom de Sacher (1976-1982)
Claude Debussy (1862-1918) - Sonate pour violoncelle et piano (1915) - Pascal Amoyel, piano
Henri Dutilleux - Tout un monde lointain (1967-1970) - Orchestre symphonique de Lucerne - James  Gaffigan.

Pour une fois, attendant de recevoir le CD – enregistré fin 2014 – , je n’ai pas publié ce papier avant celui de Diapason, où Patrick Szernovitch lui décerne un Diapason d’or. Je n’ai pas le temps de me relancer dans une discographie exhaustive, mais ce CD suffit à mon bonheur. Après d’excellentes Strophes (virtuosité et musicalité époustouflantes) – elle en joua une lors de l’inauguration de la désormais fameuse plaque commémorative de Dutilleux, avec un discours inénarrable de Bruno Juilliard) – la Sonate de Debussy.
On était assez impatient d’entendre notre couple de musiciens préféré dans un répertoire inédit pour eux (Pascal : à quand un CD Debussy ?). Diapason cite comme référence la version Gabetta / Grimaud. Cette version-ci est plus poétique, moins sophistiquée : la rencontre de deux artistes peut donner des éclairages inédits, alors que ce duo constitué nous apporte plus d’homogénéité et de poésie.

Enfin le morceau de consistance : je trouve pour ma part la balance soliste / orchestre superbe. James Gaffigan est le chef de l’Orchestre symphonique de Lucerne (à la suite de Jonathan Nott). À noter qu’il se produira une seule fois en France l’an prochain, avec l’Orchestre National de France en avril à la Maison de la Radio.
C’est bien difficile de décrire cette interprétation si personnelle tant on est submergé de poésie sonore dans chacun des mouvements ; ses phrasés sont l’évidence même, la sonorité est variée à souhait, la hauteur de vue est à la mesure du soin apporté au détail et la prestation orchestrale est une des meilleures que j’ai pu entendre.
Si j’ajoute que les prises de son sont excellentes, comme dirait George : what else ?
Deux critiques quand-même : pourquoi cette photo d’un Dutilleux très vieux et en noir et blanc alors qu’il en existe tant de superbes (des années 70-80 justement) et pourquoi n’y a-t-il aucune photo ou notice de nos deux artistes dans le livret ?

Site d’Emmanuelle Bertrand. A noter que Pascal Amoyel donne une nouvelle version de son spectacle « Le jour où j’ai rencontré Franz Liszt » au Théâtre du Ranelagh à partir du 2 décembre.

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