Archives de catégorie : Musique classique

Witold Lutoslawski – Orchestral – Brilliant

 

Variations symphoniques – Symphonic variations – 1938
Symphonie nº 1 – 1947
Concerto pour orchestre – 1954
Musique funèbre pour orchestre à cordes – Music of mourning – 1958
Postlude n° 1 – 1960
Jeux vénitiens – Venetian games – 1961
Trois Poèmes d’Henri Michaux – 1963
Paroles tissées – 1965
Symphonie nº 2 – 1967
Livre pour orchestre – 1968
Préludes et fugue pour cordes – 1972
Mi-parti pour orchestre – 1976

Une aubaine que ce coffret de 3CD à prix modique (moins de 10 € – mais il n’apparaît plus au catalogue Brilliant), sous la direction évidemment autorisée – et excellente – du compositeur, le tout dans de superbes conditions sonores, qui nous offre un large panorama de sa musique orchestrale jusqu’à 1976 ; surtout une occasion de s’aventurer sans mal dans la musique du XXe siècle en partant d’un idiome type Szymanowki (Variations symphoniques) ou Bartók (Concerto pour orchestre). On commentera dans l’ordre des CD proposés.Les Variations symphoniques, déjà, sont un vrai chef d’oeuvre : c’est construit, raffiné, beaucoup de ‘drive’ et d’atmosphères ; on a parlé des influences de Szymanowski, du premier Stravinsky, on pourrait ajouter Roussel, mais c’est en fait déjà très personnel.

La 1ère symphonie (composée 3 ans après la 5e de Prokofiev, cela s’entend … et à peu près en même temps que la Turangalîla) est dans un style assez motorique, avec un 1er mouvement à l’orchestration assez chargée. Le tout parait un peu trop bien découpé, métronomique, voire simple, mais au moins c’est très vivant.

La Musique funèbre pour cordes est dédiée à la mémoire de Bartók, elle n’est pas plagée ici alors qu’elle comprend 4 mouvements : PrologueMétamorphoses, Apogée, Épilogue. On a écrit que c’était sériel, çà parait curieusement consonant, que c’est aussi contrapuntique que la Musique pour cordes, alors que çà parait presque simpliste en regard. Mais c’est sonnant et il y a une certaine atmosphère, notamment à la fin de l’oeuvre.

La 2e symphonie, de 1967, qui vit son 2e mouvement créé par Pierre Boulez en 1966, est en 2 mouvements : Hésitant et Direct. Le premier est très original, sa forme rondo permettant d’illustrer cette hésitation par une série d’épisodes aux alliages sonores recherchés, grâce notamment à la harpe, au piano, au célesta et à une percussion abondante et variée – des mondes sonores envoûtant – on pense parfois à certaines scènes des films de Tarkovsky. Le 2e mouvement est aussi très original, avec tantôt ses masses de cordes mouvantes, ses rythmes ‘élastiques’ ; on est loin des barres de mesure de la 1ère et quelle évolution du langage en 20 ans ! Si ce n’est qu’ils sont suivis de la reprise du début du mouvement aux cordes graves, les derniers accords font un peu le même effet que les 6 accords concluant la 5e de Sibelius…

Le Concerto pour orchestre est sans doute l’œuvre la plus connue du compositeur. Il est en 3 mouvements : IntradaCapriccio notturnoPassacaille toccata choral & final. Contrairement à ce que l’on a pu lire, c’est quand même très influencé par l’oeuvre homonyme de Bartók, écrite 11 ans plus tôt. Cela ne l’empêche pas, dans son idiome de folklore également réinventé, de présenter nombre de traits caractéristiques du compositeur, par exemple l’adéquation parfaite des sonorités instrumentales au discours. N’était nous semble-t-il une moindre sophistication harmonique, il pourrait surpasser l’œuvre de feu son collègue hongrois. Le Finale est un tant soit peu redondant.

Jeux vénitiens : (car créés à Venise) C’est un langage nettement plus moderne, [toujours avec piano – il faudrait bien écrire un papier sur l’usage du piano dans la musique symphonique du XXe siècle] ; l’auteur aurait déclaré que c’est à partir de cette pièce qu’il s’estimait être parvenu à la maturité et effectivement on assiste à l’apparition d’un nouveau langage. C’est supposé un peu aléatoire, un ‘gimmick’ des années 60 qui a complètement disparu. Le dernier des 4 mouvements, avec un passage « à la Varèse » est superbe d’énergie.

Livre pour orchestre : ici encore que d’inventions sonores (ici encore les parties de piano nous paraissent manquer de brillant) ;  ce qui frappe le plus est cette espèce de magma orchestral grouillant : il se passe toujours quelque chose chez Witold ! On imagine bien l’exigence que cela représente pour les instrumentistes.

Je commenterai peut-être le 3e CD plus tard…

A real windfall this box of 3CD (less than 10 € – but it doesn’t appear on the Brilliant site anymore), under the obviously authorized direction – and excellent – of the composer, with superb sound conditions: it offers a broad panorama of his orchestral music up to 1976; especially an occasion to venture without too much discomfort in the music of the XX century starting from an idiom like Szymanowki (Symphonic Variations) or Bartók (Concerto for orchestra). We will comment following this edition’s order.The Symphonic Variations are already a masterpiece: it is refined, plenty of “drive” and atmospheres; we can note influences of Szymanowski, the first Stravinsky, one could add Roussel, but it is in fact already very personal.

The 1st symphony (written 3 years after Prokofiev 5th, which can be pointed out… and about at the same time as the Turangalîla) the style is rather motoric, 1st movement showing a rather loaded orchestration. The whole appears a little too well cut out, metronomic, even simple, but at least it is very much alive.

The Funeral Music for strings is dedicated to the memory of Bartók, it is not ranged here whereas it includes 4 movements: Prologue, Metamorphoses, Apogee, Epilogue. One wrote that it is serial, though it appears curiously consonant, that it is as contrapuntal as the the Music for strings, whereas that appears almost simplistic in glance. But it is sounding and there is a certain atmosphere, in particular at the end of work.

The 2nd symphony, 1967, which saw its 2nd movement created by Pierre Boulez in 1966, is in 2 movements: Hesitating and Direct. The first is very original, its form rondo making it possible to illustrate this hesitation by a series of episodes to sought sound alloys, thanks in particular to the toothing-stone, the piano, the celesta and of an abundant and varied percussion,  one thinks sometimes of certain scenes of films byTarkovsky. The 2nd movement is also very original, with sometimes its masses of moving cords, its rates/rhythms “elastic”; one is far from the 1st and what a language evolution  in 20 years!

The Concerto for orchestra is undoubtedly the most known work of the composer. It is in 3 movements: Intrada, Capriccio notturno, Passacaille toccata choral & final. As opposed to what one could read, it nevertheless is very influenced by the homonymous work of Bartók, written 11 years earlier. That does not prevent it, in its idiom of also reinvented folklore, to present a number of features characteristic of the composer, for example the perfect adequacy of instrumental sonorities to the speech. Seems he was not us a less harmonic sophistication, he could exceed the work of fire his Hungarian colleague. The Finale is so much is not very redundant.

Jeux vénitiens (created in Venice) and Livre pour orchestre – really modern pieces, most enjoyable : the 4th movement of Jeux and the final part of the Livre.

I may comment the 3rd CD later…

 

Franz Schreker – Brilliant classics

S’il est un compositeur autrichien mal connu – en France tout du moins – c’est notamment Franz Schreker (1878-1934). Franz Schreker (1878-1934) is still not very well known outside Austria or Germany. Jew of birth, he will know the greatest honors (Academy of Vienna, Director of the Berlin Academy in 1920 with such professors as Paul Hindemith, Artur Schnabel and Arnold Schoenberg… After being dismissed of all his functions in 1933 by the Nazis, he dies (fortunately?) in 1934, at 56.

Juif de naissance, il connaîtra les plus grands honneurs (Conservatoire de Vienne, Directeur du Conservatoire de Berlin en 1920 avec comme professeurs nommés alors, des pointures telles que Paul Hindemith, Artur Schnabel et Arnold Schoenberg… Après avoir été démis de toutes ses fonctions en 1933 par les nazis, il meurt (heureusement ?) en 1934 à 56 ans.

Il connaîtra de grands succès publics avant la stigmatisation de l’extrême-droite des années 30.

Brilliant classics reprend ici des prises qui permettent de faire un tour rapide  de sa production (rien de ses nombreux opéras bien sûr) sous la direction apparemment très érudite du chef d’orchestre et pédagogue Peter Gulke, avec les orchestre et chœur de Cologne. Il est évidemment scandaleux que « l’éditeur » ne mentionne pas l’origine des ‘bandes’ ni la date d’enregistrement.

Certes, c’est de la musique « Zemlinsko-Mahlero-Straussienne », plutôt dans cet ordre, mais on trouvera dans cette boîte de 2 CD à prix modique de quoi titiller l’oreille du mélomane non réfractaire à une certaine ambiance fin de siècle, mais pas « décadente » pour autant : on a toujours l’impression d’une nostalgie nazi quand on voit qualifier ainsi la Vienne du début du XXe siècle (Klemperer, Hindemith ou Schoenberg, par exemple, décadents ?).

On ne va pas rentrer dans le détail (cf), et on passera sur une Symphonie n°1 un peu laborieuse. On trouvera surtout quelques chefs d’œuvres : et d’abord la participation de Gert Westphal comme narrateur, ‘sprechgesanger’ plutôt, notamment dans Das Weib des Intaphernes, œuvre très prenante même quand on ne comprend comme moi qu’un mot sur quatre (pas de livret évidemment) ; un récitant épatant, parfois un peu façon Ustinov : on n’a pas de souvenir à part Pierrot lunaire d’un mélodrame où l’intégration voix-musique est si réussie. Autres moments fort : 5 Gesange par l’excellente soprano Mechtild Georg et le Psaum 116, très Requiem de Brahms et 8e de Mahler.

N’hésitez pas vu le prix – si vous n’êtes pas germanophobe, vous le réécouterez…

He will meet be great public successes before the stigmatization of the extreme-right in the Thirties. Brilliant classics in this 2 CD set presents examples of his production (nothing about his numerous operas of course) under the conductor and pedagogue Peter Gulke, with the Cologne orchestra and chorus.

Besides a so-so Symphony n°1, some great works: first the participation of the great Gert Westphal as narrator, `sprechgesanger’ rather, in particular in Das Weib of Intaphernes, a very fascinating piece (but no booklet…). Other strong moments : 5 Gesange by the excellent soprano Mechtild Georg and the Psaum 116, very Requiem of Brahms and 8th of Mahler like. Do not hesitate considering the price – if you are not Germanophobe, you will go back to it…

 

Don Giovanni – Philippe Jordan

Philippe Jordan - Mozart - Don Giovanni - Opéra de Paris

On a eu la chance d’être invité hier soir à une représentation de Don Juan dirigée par Philippe Jordan, car cela a permis d’écouter enfin ‘en live’ ce jeune chef de 37 ans que nous avions eu le bonheur de rencontrer brièvement il y a quelques semaines. Je ne pus m’empêcher alors de lui faire le parallèle entre lui et Rafaël Kubelík, qui le fit sourire : tous deux fils de grands musiciens (le chef Armin Jordan et le violoniste Jan Kubelík), tous deux citoyens suisses, chefs d’orchestre internationaux, compositeurs et grands pianistes…
S’il est connu principalement en France pour son activité à l’Opéra de Paris où il dirige le répertoire (Mozart, Wagner, Strauss principalement, bientôt Carmen), Philippe Jordan ne cesse d’agrandir son répertoire d’œuvres symphoniques et dirige souvent des partitions choisies de la musique d’aujourd’hui (comme la création du concerto pour violon de Bruno Mantovani à Pleyel en février dernier ou la dernière œuvre de Carigliano à Rome en janvier).Fils du chef d’orchestre Armin Jordan, il fit ses débuts – comme Karajan – en tant que Kappellmeister au Stadttheater d’Ulm, puis sera 3 ans durant directeur musical de l’Opéra de Graz et de l’Orchestre philharmonique de Graz où il apprendra le métier de son propre aveu. C’est aussi un pianiste de haut niveau et également un compositeur, même s’il préfère rester discret sur ce sujet pour l’instant.Outre Carmen et le Ring, les Parisiens auront la chance de pouvoir l’écouter l’an prochain dans le répertoire symphonique : Triple de Beethoven et Ein Heldenleben en mars, 10e de Chostakovitch en mai, Requiem de Verdi en juin. Enfin, en avril, il sera au piano, avec la comédienne Marthe Keller, pour accompagner au piano le baryton Roman Trekel dans La Belle Maguelonnede Brahms.

Pour ce qui est du Philippe Jordan chef de fosse, on a été bluffé par son absolue maîtrise de toutes les forces en concours : pas un décalage fosse-scène, la précision sans faille de sa battue (très variée d’ailleurs), son attention à tous les protagonistes : par exemple, il ne quitta pas des yeux le joueur de mandoline pendant toute sa partie dans la Sérénade. Les couleurs étaient magnifiques, dans des tempi certes généralement mesurés, avec parfois des pianissimi d’une grande efficacité musicale (gageons que dans 25 ans il ne fléchira plus à moitié les genoux pour obtenir une nuance piano, voire carrément accroupi pour un pianissimo…). Juste une impression : il me semble que l’on entend moins d’aigus des cordes au parterre qu’au premier balcon par exemple.

Sinon, il se confirme bien que l’Opéra de Paris se situe au top niveau international grâce au meilleur orchestre français, à des distributions toujours bien choisies, que les solistes soient déjà célèbres ou non, et à des mises en scènes de qualité. La mise en scène de Michael Haneke était superbe et les solistes pratiquement tous remarquables : nos 2 stars ‘baroques’, Véronique Gens – digne et émouvante Donna Elvira – et Patricia Petibon – peut-être pas la voix la plus mozartienne, mais quelle voix !, sans oublier la Zerline de Gaëlle Arquez ; parmi les chanteurs on aura bien sûr été éblouis par Peter Mattei dans le rôle titre, tant par sa prestation vocale que par son jeu scénique.


24/5/12 : On a assisté à la générale du concert d’hier soir à l’Opéra de Paris : Prélude à l’après-midi d’un faune, Nuits d’été et Le Sacre. C’était épatant de voir ce grand chef dans ses oeuvres : autorité naturelle, profession-nalisme, clarté de la gestuelle, avec un (superbe) orchestre très concentré et à l’écoute : ainsi quand il demande dans le Spectre de la rose au clarinettiste de jouer un passage de façon un peu plus éthérée (« c’est le spectre de la rose, pas la rose ! »), non seulement le clarinettiste le fait, mais tout l’orchestre change également légèrement sa sonorité… On eut droit à une mise en place du Sacre impeccable et évidemment le Boléro, donné sans doute hier soir en bis, ne vit pas son tempo s’accélérer…

(19/12/12) Décidément sa prestation dans Carmen à l’Opéra de Paris en ce moment n’a pas bonne presse… Ce qui est amusant c’est que les critiques, n’étant pas satisfaits du spectacle, se mettent tous à critiquer l’acoustique « hall de gare » de l’Opéra Bastille. On est bien d’accord avec eux – on se rappelle une 7e de Bruckner par Celibidache horrible tellement le son semblait perdu on ne sait où – mais c’était bien au même endroit qu’a été donné ce superbe Don Juan par le Même Philippe Jordan, avec un orchestre et un chœur certainement pas plus fourni !

We had the chance to be invited yesterday evening to a representation of Don Giovanni directed by Philippe Jordan. Chance, because it was possible to finally see live this young 37 years old conductor who we were fortunate to briefly meet a few weeks ago. I then couldn’t prevent myself from presenting him a parallel between him and Rafaël Kubelík, which made him smile: both are sons of renowned musicians (the conductor Armin Jordan and the violinist Jan Kubelík), both Swiss citizens, international conductors, composers and great pianists… If he is mainly known in France for his activity with the Opera of Paris where he conducts the ‘répertoire’ (Mozart, Wagner, Strauss mainly, soon Carmen), Philippe Jordan increases his repertory of symphonic works and often conducts selected partitions of contemporary music (like the creation of the concerto for violin by Bruno Mantovani in Pleyel last February or the last work of Carigliano in Rome). Son of the conductor Armin Jordan, he made his beginnings – as Karajan – as Kappellmeister in Stadttheater in Ulm, then will be 3 years lasting musical director of the Opera of Graz and the philharmonic Orchestra of Graz where he will learn the job, as he quoted it. He is also a high level pianist and a composer, even if he prefers to remain discrete on this subject for the moment. In addition to Carmen and the Ring, the Parisian will be be able to listen to him next year in the symphonic repertoire: Triple of Beethoven and Ein Heldenleben in March, 10th of Shostakovich in May, Requiem of Verdi in June.

Lastly, in April, he will be at the piano, with the actress Marthe Keller, to accompany the baritone Roman Trekel in The Beautiful Maguelonne by Brahms. As regards to the Philippe Jordan opera conductor, one was bluffed by his absolute control of all the forces in contest: not a shift pit-scene, precision without fault of his beating (very varied besides), his attention to all the protagonists: for example, he did not leave eyes from the mandoline player during all his part in the Serenade. The colors were splendid, in certainly generally measured tempi, with some pianissimi of a great musical effectiveness (let us guarantee that in 25 years he will not any more bend with half the knees to obtain a nuance piano, even straightforwardly squatted for a pianissimo…). Just an impression: it seems to to me that one hears less treble from the strings from the ‘parterre’ than from the first balcony for example.

Anyway, it is well confirmed that the Opera of Paris is at the best international level thanks to the best French orchestra, with distributions always well selected, soloists being already famous or not, and with quality stagings. The staging of Michael Haneke was superb and the soloists practically all remarkable: our 2 ‘baroques’ stars , Véronique Gens – worthy and moving Donna elvira – and Patricia Petibon – perhaps not the most Mozartian voice, but what a voice! – without forgetting Zerline by Gaëlle Arquez; among the singers one will of course has been dazzled by Peter Mattei in the title role, as well by his singing and by his scenic play.

Murray Perahia – Salle Pleyel Murray Perahia – Salle Pleyel

Murray Perahia – Salle Pleyel

 Murray Perahia
Murray Perahia
Triste soirée à la salle Pleyel avec Murray Perahia, qui nous a fait rentrer à la maison après l’entracte.

Ça a commencé avec un premier mouvement de la Sonate au Clair de lune de Beethoven très bien, très belle sonorité, puis un Allegretto sans esprit et un Presto agitato qui tournait à vide.

Le Carnaval de Vienne qui suivait était pire : outre de nombreux accrocs qui passeraient volontiers dans une interprétation engagée, on avait l’impression d’entendre plutôt du Mendelssohn. Bref, on était bien désolés.

Mais les avis sont unanimes pour trouver son dernier récital du 4/6/2014 à Pleyel exceptionnel !

Big disenchantment yesterday with Murray Perahia, in the – too big for a piano recital? – Salle Pleyel in Paris: we quitted after the intermission: the Moonlight Sonata and the Vienna carnival, besides many snags, were played like Mendelssohn and we never felt concerned at all…

But all attendees say his last recital on June 6 2014 was exceptional!

Murray Perahia – Salle Pleyel

 Murray Perahia
Murray Perahia

Triste soirée à la salle Pleyel avec Murray Perahia, qui nous a fait rentrer à la maison après l’entracte.

Ça a commencé avec un premier mouvement de la Sonate au Clair de lune de Beethoven très bien, très belle sonorité, puis un Allegretto sans esprit et un Presto agitato qui tournait à vide.

Le Carnaval de Vienne qui suivait était pire : outre de nombreux accrocs qui passeraient volontiers dans une interprétation engagée, on avait l’impression d’entendre plutôt du Mendelssohn. Bref, on était bien désolés.

Big disenchantment yesterday with Murray Perahia, in the – too big for a piano recital? – Salle Pleyel in Paris: we quitted after the intermission: the Moonlight Sonata and the Vienna carnival, besides many snags, were played like Mendelssohn and we never felt concerned at all…

Ravel – Tombeau de Couperin

On s’est rappelé que l’on avait 3 versions de concert du Tombeau de Couperin de Ravel par Kubelik ; pourquoi pas une petite comparaison avec les versions officielles dont on dispose ?
Je ne reviendrai pas ici sur le fait que ce très grand chef fut mésestimé – en partie par sa faute, lui qui détestait le ‘star system’ – mais d’autant plus dans le répertoire français : ce fut notamment un grand Berlozien (il fut principalement à l’origine de la redécouverte des Troyens, pas Colin Davis, par exemple).
Au-dessus, les versions dont on dispose ; on voit que Martinon est le plus lent, Paray le plus rapide, Tharaud est là comme témoin pour la version orginale pour piano.

Chacune des six pièces est dédicacée à des amis du musicien, tombés au feu au cours de la Première Guerre mondiale.
Prélude – à la mémoire du lieutenant Jacques Charlot (qui travailla sur sa musique aux éditions Durand)
Fugue – à la mémoire de Jean Cruppi (dont la mère avait participé à la mise en scène de L’Enfant et les sortilèges)
Forlane – à la mémoire du lieutenant Gabrel Deluc
Rigaudon – à la mémoire des frères Pierre et Pascal Gaudin
Menuet –  à la mémoire de Jean Dreyfus (beau-frère de Roland-Manuel)
Toccata  – à la mémoire du capitaine Joseph de Marliave (ce dernier, musicologue, était l’époux de Marguerite Long qui donna la première du Tombeau de Couperin).

4 pièces seront ‘orchestrées’ (plutôt recomposées) en 1929 : PréludeForlaneMenuet et Rigaudon.
L’écoute de la version Tharaud (d’une prise de son peu précise) met l’accent – avec talent et distinction -, comme on s’y attendait connaissant le répertoire du pianiste, sur le classicisme de l’oeuvre. Un peu comme pour Mozart, la perfection classique et parfois glacée de Ravel nous semble  toujours un paravent masquant sinon une angoisse, en tout cas un mystère, même si le pastiche peut tourner à la pochade secrète : cf. analyse de la Forlane

Prélude
Paray est donc très rapide, avec un orchestre et une prise de son très brillants.
Cluytens parait moins décidé, c’est moins bien fini orchestralement.
Kubelík 1962 : malgré la mauvaise prise de son, on entend bien que ce sont des bois allemands, un peu plus « patauds », on regrette le ‘piqué’ des cordes de Paray, mais le drame sous-jascent jusque là apparaît au n° 7, avec la trompette ; le concert de 1972 toujours à la Bavaroise paraît un peu en deçà.
Boulez à New York pâtit d’une prise de son un peu distante, c’est très bien en place, mais l’intérêt se dissipe peu à peu.
Martinon bénéficie de bois et de vents superbes, c’est beau sans plus.
Dans la même durée, revoici Kubelík à Chicago en 1983, de belles intentions, mais comme Boulez, cela manque d’animation dans la 2e partie.
Gelmetti : c’est tout juste si l’on entend les hautbois, on laisse pour la suite.


Pour la Forlane, on peut entendre l’original de Couperin ici.

Paray : on n’entend pas assez les bois, notamment la flûte, mais c’est très élégant (toujours ces cordes).
Cluytens : On entend mieux les timbres, çà manque un peu d’allant, on aime bien les hautbois un peu nasillards. La 2e partie est mieux, finalement très ‘Forlane’ et très ‘Couperin’.
Kubelík est sans doute mieux : 

C’est encore mieux en 1972 : de la tenue, du chic.
Boulez : la plus lente, du coup les appuis sont un peu trop marqués, c’est dommage, de beaux timbres.
Martinon : plus de ‘chair’, plus de timbres, d’expressivité aux cordes, c’est un peu moins bien en place que chez Boulez mais bien plus vivant et coloré.
Kubelík – Chicago : c’est un peu moins bien tenu qu’avec la Bavaroise, mais de beaux moments de poésie.

Menuet

Paray, le plus rapide, est parfait, Cluytens paraît un peu survolé : des détails n’apparaissent pas, certaines indications sont plus ou moins respectées… on l’écarte.
Kubelík 62 : en plus de sa science des cordes de par sa formation de violoniste, il savait faire dialoguer les bois et les vents comme personne ; la version la plus émouvante jusqu’ici. A peine moins heureux en 1972.
Boulez toujours lointain, on ne se sent pas concerné, on écarte.
Martinon fait le plus penser à Kubelík, dont il était très proche, comme Klemperer – superbe fusion des timbres, un petit peu sollicité (cordes).
Kubelík en 83 est un peu plus rapide, un peu moins bien qu’avec ses Bavarois.

Rigaudon
Paray court la poste et cette fois çà semble un peu trop rapide, mais la Pastorale centrale est pleine d’esprit.
Kubelík 62 sonne un peu plus épais, mais c’est l’évidence même avec des rythmes de danse plus affirmés. C’est encore une fois à peine moins bien en 72.
Martinon : c’est assez cuivré, beaucoup de ‘chic’ au bon sens du terme.
Kubelík 83 est plus lent, toujours un peu moins bien qu’à Munich.

Conclusion : Martinon (EMI)  est un premier choix dans une superbe intégrale Ravel, Paray (Mercury) a ses atouts dans un CD qui comprend aussi des Escales de Jacques Ibert atmosphériques à souhait. La qualité des versions Kubelík montre une fois de plus qu’il n’est pas nécessaire de chanter dans son arbre généalogique pour interpréter une musique d’une autre nationalité. Si Audite pouvait rééditer ce concert…

 

Remembering I get 3 versions in concert of Ravel’s Le tombeau de Couperin by Kubelik, why not a small comparison with some official versions?

I won’t repeat here how much he is unconsidered, partly by his fault, rejecting fiercely the “star system” – but all the more in the French repertory: he was in particular a great Berlozian (he was mainly at the origin of the rediscovery of les Troyens, for example).

Above, the versions I get; it appears that Martinon is the slowest, Paray the fastest, Tharaud is here as a witnesses for the original version for piano.

Each of the six parts is dedicated to friends of the musician, who died during the First World War.

Prélude – to the memory of lieutenant Jacques Charlot (who worked on his music with the Durand editions)
Fugue – to the memory of Jean Cruppi (whose mother had taken part in the setting in scene of L’enfant et les sortilèges)
Forlane – to the memory of lieutenant Gabrel Deluc
Rigaudon – to the memory of the brothers Pierre and Pascal Gaudin
Menuet – to the memory of Jean Dreyfus (brother-in-law of Roland-Manuel)
Toccata – to the memory of captain Joseph de Marliave (this last, musicologist, husband of Marguerite Long who gave the première of Le tombeau de Couperin).

4 parts “will be orchestrated” (rather recomposed) in 1929: Prelude, Forlane, Menuet and Rigaudon. The listening of the Tharaud version (in a sound lacking of focus) emphasizes – with talent and distinction – the classicism of the work.

Prélude

Paray is very fast, with brillant orchestra and sound recording.
Cluytens appears less decided, is less orchestrally refined
Kubelík 1962: in spite of the bad sound, one hears well that they are German wood, a little more lumpish, one regrets the “piqué” of the strings with Paray, but the drama under-jascent until there appears with the n° 7, with the trumpet; the concert of 1972 with the Bavarian again appears a little bit below.
Boulez in New York suffers from a little distant sound recording, it is very well tuned, but the interest fades rapidly.
Martinon profits from superb wood and winds, it is beautiful without more.
In the same duration, again Kubelík in Chicago in 1983, beautiful intentions, but as Boulez, it misses some animation in the 2nd part.
Gelmetti: you can hardly hear the oboes are heard, we will discard it.

Forlane, one can hear the original of Couperin here.

Paray: one does not hear enough woods, in particular the flute, but it is very elegant (always these strings).
Cluytens: One hears better the tones, it lacks a little bit of energy, we like the oboes, a little nasal. The 2nd part is better, finally very “Forlane” and very “Couperin”.
Kubelík is undoubtedly better:

 
It is still better in 1972.
Boulez: the slowest, accents are marked a little too much.
Martinon: more “flesh”, more colors, more expressive strings, a little less refined than Boulez but much more living.
Kubelík – Chicago: it is a little less better held that with the Bavarian one, but there are beautiful moments of poetry.

Menuet

Paray, the fastest, is perfect,
Cluytens appears a little overflown: details do not appear, some indications are more or less respected…
Kubelík 62: in addition to his science of the strings from his violinist career, he could make dialogue wood and winds like no one; this is the more moving version  up to now.
Almost as good in 1972.
Boulez  always remote, one does not feel concerned.
Martinon makes more think of Kubelík, to whom he was very close, as with Klemperer – superb fusion of tunes, solicited a little bit (strings).
Kubelík in 83 is a little faster, a little less good than with his Bavarians.

Rigaudon

Paray is a little too fast, but the Pastoral part is full with spirit.
Kubelík 62 sounds a little thicker, but it is the obviousness even with more marked rates/rhythms of dance. It is once again hardly less good into 72.
Martinon: it is rather coppered, much of “knack” in the good sense of the term.
Kubelík 83 is slower, always a little less good than in Munich.

 Conclusion

Martinon (EMI) is a first choice in a superb Ravel integral, Paray (Mercury) has its assets in a CD which includes also atmospheric Escales of Jacques Ibert.
The quality of the Kubelík versions shows once more that it is not necessary to sing in its family tree to interpret a music of another nationality. If Audite could publish this 1962 concert…

Découverte de Sarah Nemtanu – Sarah Nemtanu : a discovery

On a eu le bonheur d’assister hier au Châtelet, lors d’une soirée de gala pour Amnesty International, à un concert donné par l’Orchestre national de France dirigé par Kurt Masur : Concerto pour violon de Tchaïkosvky et 1e de Chosta.
L’émotion était palpable au niveau des musiciens de l’orchestre d’être encore ce soir-là dirigés par cet homme de 85 ans atteint sévèrement par la maladie de Parkinson. Son esprit lui permettait néanmoins de mener son orchestre, à l’aide de petits gestes de la main ou du dos, le tout dans des tempi certes mesurés : s’il n’a jamais été un chef « flamboyant » comme le regretté Svetlanov, il a toujours donné des interprétations impeccables. L’orchestre donna une très belle lecture de la 1e de Chostakovitch (la salle du Châtelet n’est certes pas idéale, mais au moins on n’a pas les oreilles qui vrillent dans les fortissimi).
Mais la révélation du concert fut la soliste Sarah Nemtanu, nommée en 2002  premier violon solo de l’Orchestre national de France, elle semble amenée à développer une brillante carrière de soliste ; on ne s’avait qu’admirer le plus : la virtuosité, la sonorité, le sens du rythme et de la phrase, son interprétation était à la fois sensible, teintée d’humour et surtout émouvante. On a entendu encore plus impérial (Oistrakh…), flamboyant (Zuckerman…), mais rarement une lecture d’une telle évidence ! (28/4/12)En complément, Sarah, fille de Vladimir Nemtanu, ancien violoniste soliste de l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine, est aussi la sœur de Deborah, violon solo super soliste de l’Ensemble orchestral de Paris… Artiste éclectique (son disque Gypsic, ses concerts avec Didier Lockwood…), elle se produit régulièrement avec sa sœur.On a été très ému d’apprendre la chute de Kurt Masur dans le public lors du concert de jeudi dernier au Théâtre des Champs Élysées. En le voyant arriver la veille sur son podium, on avait remarqué un geste furtif, comme pour vérifier la solidité de la barre arrière de protection… On râle suffisamment contre les interdictions de prendre quelques photos, sans flash bien sûr, que ce soit en concert ou en exposition, pour se réjouir d’apprendre qu’un trompettiste de l’orchestre a pris à partie un spectateur qui tentait à tout prix de prendre une photo du chef effondré : il y a des limites à l’abjection… (1/5/12 : les nouvelles sont rassurantes…).
Au fait pourquoi pas la version sur Ehru ?
We attended at the Châtelet yesterday, an official reception for Amnesty International, with a concert given by the national Orchestra of France conducted by Kurt Masur: Tchaikovsky Concerto for violin of and 1stby Shostakovich.The emotion was palpable among the musicians to be still this evening directed by this 85 year old man severely ill from Parkinson’s disease. Its spirit enabled him nevertheless to carry out the orchestra, using small gestures of his hands or his back – the whole concert was given in certainly measured tempi: if he has never been a “blazing” conductor like the late Svetlanov, he always gave impeccable interpretations. The orchestra gave a very beautiful account of the Shostakovich (the Châtelet hall is certainly not ideal, but at least you don’t get your hears twisted in the fortissimi).

But the revelation of the concert was the soloist Sarah Nemtanu, named in 2002 first solo violin of the national Orchestra of France, who seems brought to develop a brilliant career of soloist; no one knew what to admire most: virtuosity, sonority, sense of rhythm and the phrasing, her interpretation was at the same time sensitive, tinted with humor and especially moving. One heard even more imperial (Oistrakh…), blazing (Zuckerman…), but rarely a reading of such an obviousness!

And what about an Erhu version?

Ce concert a été édité – En tout cas via Quobuz, la vie du concert s’est éteinte…

Musique classique au Maghreb

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

S’il serait bien souhaitable que les ‘Français’ s’intéressent plus à la musique traditionnelle des pays du Maghreb (j’ai assisté il y a quelques années là-bas à un récital de Oud transportant), on est surpris du peu de couverture journalistique ou éditoriale à propos des orchestres symphoniques existant actuellement au Maghreb et au-delà (sauf lors de la prestation militante de Barenboïm à la tête de l’orchestre symphonique du Caire en 2009).

J’ai cité une vidéo Youtube de l’Orchestre philharmonique du Maroc en forme de galégade à propos de Harnoncourt.

Ci-dessous quelques liens, on peut trouver des vidéos sur Youtube.
Orchestre philharmonique du Maroc
Orchestre Symphonique algérien
Orchestre symphonique du Caire

L’orchestre symphonique Tunisien n’a pas de site et celui d’Amman parait menacé.

Toujours outre-Maghreb, il faut citer  Qatar Philharmonic orchestra.

Album Debussy – AEON

Album Debussy – AEON

Album Debussy - AEON
Album Debussy – AEON
   

En visitant l’exposition “Debussy, la musique et les arts” au Musée de l’Orangerie, je n’ai pas hésité à acquérir un coffret Debussy de 3 CD présentant une sélection d’enregistrements historiques de ses œuvres de 1904 à 1955, avec bien sûr le compositeur au piano accompagnant Mary Garden au piano. Je renvoie au détail des morceaux sur le site de l’éditeur. Le 1er mêle mélodies (notamment Claire Croiza, Ninon Vallin, Irène Joachim, Charles Panzéra, Vanni-Marcoux) et pièces pour piano seul (Moïsevitch, Vines, Rachmaninov, Rubinstein, Meyer), le 2e est consacré à l’orchestre (Chevillard, Toscanini, Straham, Desormière et Monteux) et le 3e à Pelléas, que je commenterai peut-être ultérieurement.

Comme l’indique Bruno Serrou, « il compense une sérieuse déficience de l’exposition qui ne montre guère du compositeur et de son œuvre, puisque, en dehors de Pelléas et Mélisande, du Prélude à l’après-midi d’un faune, de La Mer et du Martyr de Saint Sébastien, il ne se trouve que fort peu de partitions et moins encore d’illustrations sonores pour ponctuer le parcours du visiteur ». J’ai eu l’occasion de rendre compte de l’exposition elle-même dans la revue de la Critique parisienne.
Je voudrais simplement souligner ici, sans nostalgie exagérée et en prenant en compte les ‘manières expressives’ de l’époque, l’impression de naturel qui se dégage de la plupart des interprétations.

Les musts absolus sont pour moi les chansons de Bilitis par Irène Joachim et Irma Kolassi au piano : on est bien loin de certaines interprètes actuelles (cf. papier Dessay). Autres musts au piano : Doctor Gradus et Golliwogg’s par Rachmaninov et Hommage à Rameau et La lune decend sur le temple qui fut par Marcelle Meyer : quelle intelligence de la partition ! (au fait pourquoi rien par Cortot ?). Autre must déjà connu : le Prélude à l’après-midi d’un faunepar Walther Straham (avec rien moins que Zino Francescatti et Jean Pasquier aux violons, Lily Laskine à la harpe et Marcel Moyse à la flûte, Pierre et Étienne Pasquier, alto & violoncelle…). On connaissait cet enregistrement paru chez Disques Montaigne remastérisé par Pierre Vérany. Le son est ici moins filtré semble-t-il, mais pas forcément plus présent et dure 20’ de moins ( ?). Je n’hésite bien sûr pas à signaler l’enregistrement des Nocturnes réalisé en concert par Kubelík à Cologne en 1966 – ici : Fêtes – J’en ai profité pour réécouter quelques versions de Fêtes:

  • Philippe Gaubert, l’excellent flûtiste / chef d’orchestre avec la Société des Concerts du Conservatoire en 1928, (Vogue) en 6′, belle version mais on n’entend guère les timbres.

  • Toscanini avec son NBC symphony orchestra en 1948 (RCA) en 5’30 : c’est rapide, décidé, mais çà manque d’air entre les pupitres.

  • Monteux donc dans le présent coffret – Orchestre symphonique de Boston (AEON) en 1955 en 6’08  : on a cette fois des timbres, de la respiration, des sonorités travaillées, plus ‘symbolistes’ (cuivres) ; c’est très bien fait, très grand orchestre, seule la fanfare est un peu statique, à noter la stéréo avec une disposition d’orchestre « à l’européenne » apparemment.

  • Stokowski – Orchestre symphonique de Londres (EMI) en 1957 – 6’07. Beau travail sur les sonorités et les équilibres, quelques effets ; la fanfare part de très très loin, la prise de son est un peu floue et çà sonne épais, fin superbe.

  • Kubelík – Orchestre de la radio de Cologne en 1966 – 5’45 – L’orchestre est léger, timbré, la 1e partie est plus animée que les précédentes (c’est bien marqué « animé et très rythmé ») la fanfare est fantastique : tous les évènements s’enchaînent parfaitement, la dernière partie est au moins aussi bien qu’avec Stoko : la fête de l’orchestre !

  • Boulez – Orchestre de Cleveland en 1993 – DG – 6’31 – C’est lent, plat (la ‘fameuse’ prise de son « 4D » de DG), il ne se passe rien, on dirait plutôt une musique funèbre ! Une déception totale (les concerts donnés par Kubelík à la tête de cet orchestre ne sont pas fameux non plus…).

A very interesting box has been issued, along with the Debussy exhibit in Paris these days in « Musée de l’Orangerie ». 3 CD with historic recordings from 1904 to 1955, with even Debussy himself accompanying Mary Garden at the piano.Best parts: Les chansons de Bilitis with Irène Joachim and Irma Kolassi, piano, For the piano : Rachmaninov and Marcelle Meyer and le Prélude à l’après-midi d’un faune by Walther Straham.

I just made a quick comparison between some recordings I have for Fêtes from Nocturnes :

  • Philippe Gaubert, with the ‘Société des Concerts du Conservatoire’ in 1928, (Vogue) – 6′, very good, but you can hardly hear the sound.

  • Toscanini with the NBC symphony orchestra in 1948 (RCA) – 5’30 fast, decided, but a little bit strict.

  • Monteux (in this box) Boston symphony (AEON) in 1955 – 6’08 : superb sound, more ‘symbolist’

  • Stokowski – London symphony (EMI) in1957 – 6’07. Some affects, beautiful playing, wonderful end.

  • Kubelík – Koln – in 1966 – 5’45 – Light orchestra, sounding superbly, more animated than the previous ones, superb ‘Fanfare’ : an orchestral feast!

  • Boulez – Cleveland in 1993 – DG – 6’31 – Slow, dull…