Philippe Manoury – Fragments pour un portrait – Sonate 1

 

Philippe Manoury - Fragments pour un portrait

Ensemble intercomtemporain – Susanna Mälkki

Francis Bacon Study after Velázquez's Portrait of Pope Innocent X
Francis Bacon (Study after Velázquez’s Portrait of Pope Innocent X,…)
 

Né en 1952, Philippe Manoury est un des plus importants compositeurs français vivants.

Dans le cadre d’une série cherchant à faire découvrir la musique contemporaine aux mélomanes de bonne volonté, voici une excellente introduction à ce compositeur, avec ces « Fragments pour un portrait ».

Une des multiples préoccupations de Manoury est la notion de « work in progress » (il cite volontiers Francis Bacon) chère à Pierre Boulez ; au sujet de cette œuvre, il déclare : « La totalité [des 7 mouvements] devrait tendre vers l’émergence d’un « portrait », d’une image musicale qui, je l’espère, devrait apparaître en filigrane sur l’ensemble de ces pièces. » cf. son commentaire de l’œuvre.

On trouvera sur son site des extraits de chacun des 7 mouvements.

Comme pour Gruppen de Stockhausen ou Le sette chiese de Mantovani, l’œuvre est pour plusieurs ensembles instrumentaux (3 ici).

Chemins fait penser aux introductions du Sacre, on trouvera des « accelerando-diminuendo » à la Berg, etc., tout cela donnant une musique très vivante, rythmée, colorée. 

Born in 1952, Philippe Manoury is one of the foremost actual French composers.

In our series seeking to let music lovers discover contemporary music, this is an excellent introduction to the composer, with these « Fragments for a portrait ». 
One of the many concerns of Manoury is the notion of « work in progress » (he cites Francis Bacon) ; about this work, he said: « all [of 7 movements] should tender towards the emergence of a « portrait », a musical image which, I hope, should appear in watermark on all of these parts. »   
Extracts of each of the 7 movements on his Web site
As in Stockhausen’s Gruppen or Le sette chiese by Mantovani, the work is for several instrumental ensembles (3 here).  Chemins makes you think of the introduction of the Sacre, you can discern « accelerando-diminuendo » as Berg, aso… this giving a very lively, rhythmic, colorful music.

Philippe Manoury - La ville [...première sonate...]
Philippe Manoury – La ville […première sonate…] Jean-François Heisser

 « La ville […première sonate…] » date de 2002. Ce n’est pas une sonate même si l’oeuvre dure près de 36′, puisqu’elle comporte pas moins de 19 mouvements…

Dans la plaquette du SACD (superbe prise de son), l’auteur évoque de façon presque onirique les correspondances entre sa récitation mentale de la Sonate de Liszt et les images perçues lors de sa déambulation dans le vieux quartier praguois de Malá Strana. Il évoque aussi des procédés de Berg, tels que certains morceaux rétrogrades inversés. C’est ce qui donnera la structure de l’oeuvre.

Citons-le : « C’est sur le principe des « formes différées » que s’articule cette œuvre. Des éléments monodiques (lents et méditatifs), des résonances harmoniques, des échelles sonores descendantes, des « toccatas », des « fugues » s’entremêlent les uns aux autres dans une forme dirigée distribuée symétriquement par rapport à un centre. Cette symétrie effectue un retour en arrière, comme si l’œuvre devait revenir à son point de départ. Mais il s’agit d’une fausse symétrie (le parcours global n’est pas inversement identique) que vient perturber de vraies symétries, (il arrive que des bouts de parcours reproduisent un cheminement voisin du précédent). Le centre est polarisé sur une note pivot (ré) qui s’impose peu à peu depuis le début et s’incarne dans un grand silence avant que l’œuvre ne semble revenir à son point de départ. »

Un certain ésotérisme semble poindre ici, mais en fait cette œuvre est très vivante. Elle gagne à être lue sur un ordinateur : on s’évade ainsi de la linéarité d’écoute pour comparer un à un les mouvements en miroir… déformé. 

Extrait

 recording), the author evokes in an almost dreamlike way the correspondences between his mental recitation of the Sonata of Liszt and the images perceived during his wandering in the old Prague area of Malá Strana. It evokes also Berg’s processes, such as certain reversed and retrograde pieces. This will give the structure of work. Let us quote him: “It is on the principle of the “differed forms” that this work is articulated. Monodic Elements (slow and meditative), harmonic resonances, downward sound scales, “toccatas”, “runnings away” intermingle the ones with the others in a directed form distributed symmetrically compared to a center. This symmetry carries out a return behind, as if work were to return to its starting point. But it is about a false symmetry (the total course is not conversely identical) which comes to disturb true symmetries […]. The center is polarized on a note pivot (D) which is essential little by little since the beginning and is incarnated in a great silence before work does not seem to return to its starting point. “ A certain esotericism seems to come up here, but this work carries a very lively listening. It gains being read on a computer: one escapes thus from the linearity of listening to compare the movements one by one on the two sides of the mirror … deformed.

Excerpt

 

Bruno Mantovani – Le sette chiese

 

Bruno Montovani - Le sette chiese
Bruno Montovani – Le sette chiese

Ensemble intercomtemporain – Susanna Mälkki

 

Un compositeur majeur de notre temps de 38 ans, à la tête d’un catalogue imposant. Philippe Jordan a créé à Paris son Concerto pour violon en février dernier ; quand on connaît l’exigence de ce chef vis-à-vis des partitions contemporaines…
Une œuvre réjouissante, voire jouissive au niveau des sonorités : Le sette chiese (« Les 7 églises ») fut créée en 2002 à Strasbourg sous la direction de Jonathan Nott.
L’œuvre emploie quatre groupes (« deux ensembles quasiment symétriques fonctionnant généralement dans un principe d’antiphonie, plus un trio formé des instruments les plus graves au fond de la scène, et six musiciens disposés en arc de cercle et en hauteur »). On ne discerne pas évidemment cette disposition en simple stéréo.

Pour la description de ces 9 pièces, on se référera bien sûr aux propos de l’auteur (+extraits de l’œuvre).

On n’indiquera ci-dessous que nos rapides impressions à l’écoute de l’œuvre, destinées simplement à inciter à la découverte. Au fait, ne pas confondre Bruno Mantovani et Annunzio Paolo Mantovani, chef d’orchestre de musique légère !

A major composer of our time – 38 yo – having already composed numerous works.

A gratifying work with splendid sonorities: Le sette chiese (« seven churches ») was created in 2002 in Strasbourg under the direction of Jonathan Nott.
The work employs four groups (« two almost symmetrical sets operating generally in a principle of antiphony, plus a trio formed of the instruments the most serious at the bottom of the scene, and six musicians arranged arc of circle and height »). This is unfortunately only simple stereo.

For the description of these 9 pieces, refer of course to the words of the author (+ excerpts).

We indicate below our quick impressions, simply willing to invite to the discovery. Just don’t confuse Bruno Mantovani and Annunzio Paolo Mantovani, a famous conductor of light music!

I – La piazza Santo Stefano

I – The Piazza Santo Stefano

Des ostinatos, des fulgurances aux vents, des éclats de percussions donnent effectivement l’impression d’une vie grouillante devant l’église.

Ostinatos, searing winds, percussion fragments actually give the impression of a bustling life in front of the Church.

L’église de Saint Jean-Baptiste

The church of San Giovanni-Battista

La première partie est un long crescendo, très dynamique, suivi d’un épisode mystérieux, avec de nombreux micro-intervalles, de multiples interventions solistes, bois ou cordes, le tout dans une atmosphère très fourmillante.

The first part is a long crescendo, very dynamic, followed by a mysterious episode, with many micro-intervals, multiple soloist interventions, wood or string, all in a very lively atmosphere.

La crypte 

The crypt

Cette partie reprend un peu l’esprit de la précédente, avec des babillages de la clarinette, puis du violon sur de nombreux traits secs, rapides et aigus. On pense à des envolées d’oiseaux ou des nuées d’insectes lumineux. Quelques références au grégorien à la fin donnent un tonalité religieuse à cette pièce.

This part takes a little spirit of the previous, with babblings of the clarinet and violin, dry, fast and acute. One thinks of birds flights orf luminous insects. A few references to Gregorian chant at the end give a religious tone to this piece

La basilique du sépulcre 

Tomb basilica

 

La pièce la plus longue (9’24 »). Une longue séquence aux pianos et percussions sourdes évoque l’obscurité de l’endroit, l’apparition du violon puis de flûtes suraigües amène la 2e partie sensée illustrée la lumière éclairant les reliques présentes dans un dynamisme croissant et virtuose jubilatoire.

The longest piece (9’24 « ). A long sequence of pianos and low percussion refers to the darkness of the place, the appearance of the violin and super acute flute brings to part 2 illustrating the light illuminating the present relics in a growing dynamic and exhilarating virtuoso.

   

II – Basilique des Saints Vital et Agricola

II – Basilica of St. Vitale and Agricola 
 

Dédiée à Olivier Messiaen, la pièce s’ouvre effectivement par un superbe choral de cuivres suivi d’un trio de percussions peut être un peu convenu.

Dedicated to Olivier Messiaen, the piece opens effectively by a superb brass Chorale followed by a trio of percussion.

La cours de Pilate

Pontius Pilate court 
 

On retrouve des éléments de l’environnement extérieur utilisés dans la 1e partie.
Çà  fait un peu du Messiaen / Ligeti en plus percussif.

There are elements of the external environment used in the 1st part. Here is a little of Messiaen / Ligeti in a more percussive way.

L’église du martyrium

Martyrdom Church
 

Une visite des 5 chapelles de l’église avec une fin militaire.

A visit of the 5 chapels of the Church with a military end.

Le cloître

The Cloister
 

L’auteur ne se départit pas de son unité de langage, qui peut tout de même devenir lassante dans cette longue œuvre. On notera que l’ensemble des pièces se trouve unifié par de fréquentes apparitions de séquences au piano : notes arpégées croissantes suivies de notes pointées dans l’aigu.

The author does not quit his language unity, which can become tiresome in such a long work. It should be noted that all of the pieces is unified by frequent appearances of sequences at the piano: growing arpeggios followed by notes plotted in the treble

La chapelle du bandeau

Chapel of the Congregation of the Virgin Mary
 

C’est la visite du musée de l’édifice qui permet à l’auteur de faire en quelque sorte un récapitulatif de la visite. Pièce plus tendue et assez forte émotionnellement.

Bonne visite en compagnie de superbes virtuoses, chef compris(e)…

This is the visit of the Museum of the building which allows the author to make in a way a summary of the visit. Played tenser and quite strong emotionally.

Good visit in the company of stunning Virtuosi, conductor included.

1812 : de Vilnius à Tchaïkovsky

1812 : de Vilnius à Tchaïkovsky

Notre ami féru d’histoire, Karim Ouchikh, nous propose aujourd’hui d’illustrer L’ouverture 1812 de Tchaïkovsky, suite aux macabres découvertes faites à Vilnius, 200 après.

Après la biffure de la dédicace de sa 3e symphonie à Bonaparte par Beethoven, la Bataille de Vitoria du même, jusqu’à Hary Janos de Kodaly, le pauvre corse n’aura pas été gâté par les compositeurs !

1812 : de Vilnius à Tchaïkovski par Karim Ouchikh

Arnold Schoenberg – Quatuors – Quartets

Edited by Severine Neff – Norton critical scores
W. W. Norton & Company, Inc. – 2006 – 340 p.

 

Pour les anglophones, mentionnons l’existence de cette très intéressante série (16 autres titres disponibles).

L’ouvrage fournit la partition complète du quatuor, son contexte historique (et personnel : Schoenberg était trompé par sa femme, dont l’amant sera plus tard amené à se suicider), une analyse détaillée et des documents de l’auteur, d’interprètes, de critiques de l’époque, etc.

… et à écouter dans la version des Pražák (1997 – dans sa configuration avant le remplacement de Václav Remeš par Pavel Hůla en 2010), avec la soprano Christine Wittlesey.


 

On signalera également la version rayonnante par les Pražák du quatuor n°4, op. 37. Voilà une œuvre plus immédiatement accessible pour qui est habitué aux derniers quatuors de Beethoven. La structure de chaque mouvement est plus simple et le traitement de la série permet de nombreux pôles tonals. Ajoutons que l’œuvre est presque souriante ! et que la prise de son est d’une absolue limpidité.

 

We would like to draw attention here on this superb collection (16 other titles available).

This books include the entire score, its historical context, a detailed analysis, and commentaries by the composer, his students and contemporaries (Mahler for example who declared having great difficulty to understand this score…).

.. to be listened to in the Pražák version (1997 – PragaDigitals) with the soprano Christine Wittlesey.


 

One will also announce the radiant version by the Pražák of quartet n°4, Op. 37. Here is a work more immediately accessible for who is accustomed to the last quartets by Beethoven. The structure of each movement is simpler and the processing of the series allows many tonal poles. Let us add this is an almost smiling work! and that the sound recording is of an absolute limpidity.

Schubert – Symphonie n°9 La grande – Symphony n°9 The Great

Schubert symphonies 8 & 9 - Krips - Mravinsky

On voudrait signaler ici les occasions que présente la collection “Les indispensables de Diapason”, des interprétations souvent de qualité offertes au prix de 5€ l’unité.

Par exemple, un récital Chopin par Guiomar Novaes, un peu daté quand même, un récital Michelangeli (avec un bon report de la Totentanz de Liszt avec Kubelík), mais les 2 contiennent la 2e sonate de Chopin, et là Cortot suffit bien ; des mélodies de Fauré avec surtout Souzay ainsi que Panzera dans L’horizon chimérique.

Le CD le plus épatant est celui consacré à Debussy : une version de référence du quatuor de Debussy par les Budapest ; certes ce n’est pas la plus belle sonorité de quatuor notamment dans le finale, mais la tenue rythmique, l’engagement laissent loin derrière les Lasalle par exemple – le 2e mouvement Assez vif et bien rythmé est une merveille. On oubliera Monique Haas dans Pour le piano, un peu bruyante, pour découvrir, entre les excellents Bilitis, Fêtes galantes et Promenoir des deux amants par Suzanne Danco, une perle : la Suite bergamasque par Friedrich Gulda en 1957. Ainsi, son Clair de lune, pris très lentement, est au niveau du Fantasque Samson François ou de l’exotique Magda Tagliaferro.

On mettra au premier plan le dernier en date : Les 8 & 9 de Schubert respectivement par Mravinsky et Krips. La version de 1959 de Mravinsky est une merveille absolue – on n’est pas un fan du chef, mais là, la hauteur de vue et la réalisation sont comme surhumaines. Pierre Barbier eut quelques ennuis en Grande-Bretagne et en Asie avec la 4e de Tchaikovsky qui faisait partie du couplage original (Praga Digitals) : certains critiques crurent qu’il s’agissait d’une copie du célèbre enregistrement pour DG, c’est bien mal le connaître. Il est vrai que, réalisée à une journée d’intervalle de l’enregistrement DG, on pourrait s’y méprendre. Toujours est-il que le travail sur la restauration de la bande originale est absolument remarquable.
J’en profite pour pour faire une petite illustration du célèbre enregistrement de la 9e de Schubert par Krips avec le London symphonic orchestra. La prise de son est remarquable (1958 !), la vision du chef autrichien également.

J’ai voulu comparer avec quelques enregistrements en ma possession : Bruno Walter – New York Philharmonic – 1953, Wilhelm Furtwängler – Vienne – 1954 – Live et Rafael Kubelík – Bavaroise – 1978 – live, en proposant le début du 1e mouvement à l’écoute (Andante et début de l’Allegro, ma non tropo). Aucun chef ne fait la reprise (on ne voit pas, comme pour beaucoup de commentateurs, pourquoi, dans les œuvres longues de Schubert, sous prétexte de leur rapport au temps, il faudrait les rendre encore plus longues en faisant systématiquement toutes les reprises).

Ici, le diagramme audio du 1er mouvement dans les 4 versions : bien peu de différences.

Furwängler :

Krips :

Kubelík :
 

Walter :
 

L’entrée du cor, des cordes, puis des hautbois, clarinette et basson suffisent déjà à caractériser les visions de ces grands chefs du passé : romantisme un peu sombre de Furtwängler, contemplation viennoise de Krips, animation chez Kubelík, simplicité chez Walter. Mes préférées sont Krips et Kubelík.

Schubert 9 the great - Kubelik - Symphonie-orchester des Bayerischen Rundfunk - Audite

Schubert 9 the great - Bruno Walter - New York Philharmonic orchestra - United archives

We  would like to point out bargains offered by the collection “The essentials of Diapason” (the leading French musical revue), with interpretations of quality offered for 5€ per CD.

For example, a Chopin recital by Guiomar Novaes, a little dated nevertheless, a Michelangeli recital (with a good report of Totentanz de Liszt with Kubelík), but the 2 contain the Chopin’s 2nd sonata, and there Cortot is sufficient…; melodies of Fauré with especially Souzay and Panzera.

The most exciting CD is the Debussy: a masterly version of Debussy’s quartet by the Budapest; – the 2nd movement Assez vif et bien rythmé is a marvel. You can forget Monique Haas in Pour le piano, a little noisy, to discover, between the excellent BilitisFêtes galantes and Promenoir des deux amants by Suzanne Danco, a pearl: the Suite bergamasque by Friedrich Gulda in 1957. For example, his Clair de lune, very slow, is at least as good as let say unpredictable Samson François or the exotic Magda Tagliaferro.

We will put at the foreground the latest to date: Schubert’s 8 & 9 respectively by Mravinsky and Krips. The Mravinsky version of 1959 is an absolute wonder – we are not a fan of the conductor, but there, the height of sight and the realization are like superhuman. Pierre Barbier who released these concerts had some troubles in Great Britain and Asia with 4th of Tchaikovsky which belonged to the original coupling (Praga Digitals): some critics believed that it was just a copy of the famous recording for DG… It is true that, realized at one day of interval of the DG recording, one could be mistaken. Anyway the restoration of the original band is absolutely remarkable.

I take advantage of the last release of this collection to make a small illustration of the famous version of Schubert 9th symphony by Krips with the London symphonic orchestra. The sound recording is remarkable (1958!), the vision of the Austrian conductor also.

I wanted to compare it with some recordings in my possession: Bruno Walter – New York Philharmonic – 1953, Wilhelm Furtwängler – Vienna – 1954 – Live and Rafael Kubelík – Bavarian RSO – 1978 – live, by proposing the beginning of the 1e movement (Andante and beginning of the Allegro, ma non tropo). No conductor makes the repeat (one does not see, as for many commentators, why, in  Schubert’s longest works, under pretext of their relation to time, they would have to make them even longer making systematically all the repeats).

Here (left), the audio diagram of the 1st movement in the 4 versions: very few differences.

[excerpts on left column] The entry of the horn, of the strings, then oboes, clarinet and bassoon are already enough to characterize the visions of these great conductors from the past: a little dark romanticism with Furtwängler, Viennese contemplation with Krips, animation with Kubelík, simplicity with Walter. My favorites are Krips and Kubelík.